‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 169 sur 318 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

De la justice, ou du sentiment du juste et de l'injuste.

La justice est la suprême loi : c’est le premier besoin des hommes réunis en société.

Ce fondement de toute justice est la bonne foi, et ce mot doit s’entendre de la franchise dans les discours , de la sincérité dans les actions, delà fidélité dans les promesses ; ce qui porte l'orateur romain à croire que foi dérive de faire : Ex-quo credamus quia fat quod diclum est appellatam fidein.

La justice est la première vertu que la morale impose au cœur de l’homme; elle lui apprend à distinguer les actions bonnes et mauvaises, celles qui sont dignes de louanges ou de blâme, permises ou défendues, utiles ou dangereuses , en les soumettant à la conscience, tout à-la-fois juge infaillible et témoin irrécusable. Jupiter, disent les anciens philosophes, n’est point escorté par l’équité et la justice : ce dieu est lui-même la justice et l'équité.

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