‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 170 sur 318 · UE LA JUSTICE · texte numérisé non relu

UE LA JUSTICE

Ne nuire à personne est la première règle de la justice; rendre à chacun ce qui lui appartient est son premier devoir

Un philosophe donne de la justice cette définition, que j'adopte d'autant plus volontiers qu’il fait dériver cette vertu de l’umour de soi , où j’ai placé la source de la morale : La justice est l'intérêt d’autrui respecté par notre intérêt ; d’où il suit que la justice pour autrui est une charité pour soi-même.

Ce serait une belle chose que d’acquérir un royaume par la justice; mais ce serait une chose plus belle encore que de préférer la justice à un royaume.

Agésilas regardait la justice comme la première de toutes les vertus ; car , disait-il , la valeur est » dangereuse si elle n’est réglée par la justice; et si « tous les hommes étaient justes, la valeur serait « oisive. » On nommait le roi de Perse te grand roi; « En quoi , dit Agésilas , est-il plus grand que moi, “ s’il n’est pas plus juste ? » « Ayant eu, dit Plutarque, “ la bonne opinion qu’il fallait prendre la différence « du grand au petit roi , dans leur amour pour la « justice, comme étant la mesure royale. » Que de princes, qui ont reçu le surnom de grands, seraient de petits rois s’ils étaient mesurés d’après cette régie !

La vertu dont le peuple est le meilleur juge , celle dont l’exercice lui est le plus profitable , c’est

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