DE LA PUISSANCE 1)E JUGER
lois et des Germains, avant la conquête des Komains qui le changèrent, était à beaucoup d’égards semblable à celui des Hébreux sous les juges.
Au commencement du quatrième siècle, à l'époque où les Goths se formèrent en corps de nation, Athanaric, leur premier chef, refusa de prendre le nom de roi, où il ne voyait, dit-il, qu’un titre d’autorité: il accepta celui de jmje, qui lui faisait un devoir de la sagesse et de la justice.
Chez les peuples où le perfectionnement de letat politique amena la séparation des pouvoirs, la puissance judiciaire fut déléguée par le prince, qui en était investi, à quelques hommes chargés de rendre la justice en son nom , en partant du principe que toute justice émane du roi. Montesquieu, sans contester ce principe, prouve assez qu’il ne l’admet pas, quand il fait, de la puissance dé juger, un des trois pouvoirs parallèles des états légalement constitués.
J'imiterai sa réserve, et je u’examinerai pas si le droit d’élire ses juges n’appartient pas au peuple, au même titre que le droit d’élire ses députés, et, sans remonter aux premières clauses du contrat social, sans rechercher péniblement à qui ce droit appartient, j’examine quels sont les devoirs imposés aux hommes qui l’exercent; quelle influence heureuse ou funeste leurs vertus ou leurs vices doivent avoir sur le corps social.