‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 199 sur 318 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

I)t*s délateurs et des témoins.

n Selon la régie de nos anciens, disait Cicéron, ■< que je me contente de citer dans notre langue , il « fallait, pour être admis à déposer devant les mau gistrats, jouir d’une réputation irréprochable : « dans les moindres affaires, les hommes les plus « estimés ne pouvaient rendre témoignage si la sen- .1 tence à intervenir devait favoriser ou contrarier « leurs intérêts les plus éloignés, ou même leur opi- » nion politique notoirement connue. »

Jusqu’au dernier jour de la république, les Romains auraient cru violer tous les principes de la morale, toutes les idées de justice et de vertu, en permettant que des esclaves, que de misérables espions, que d’infames délateurs, parussent au prétoire pour porter témoignage contre des citoyens. Ce fut sous les régnes éternellement maudits des Tibère, des Caligula, des Néron, que ces hommes dégradés profanèrent de leur souffle impur le temple de la justice; que l’on vit naître une espèce de monstres plus odieux encore, qui vendaient, au prix de l’or ou des emplois, les pensées les plus secrétes de leurs proches; qui, non contents de donner à

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