‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 200 sur 318 · DES DÉLATEURS · texte numérisé non relu

DES DÉLATEURS

des actions indifférentes les couleurs du crime, créaient le crime même, allaient aigrir le ressentiment au fond des cœurs, pleuraient pour arracher des larmes, se répandaient en plaintes pour exciter des murmures, et porter aux pieds de ceux qui leur en assuraient le salaire la trame d'iniquité qu’ils avaient ourdie.

«Quiconque, dit Montesquieu, avait bien des ■> vices et bien des talents, une ame basse et un es- « prit ambitieux, cherchait un criminel dont la « condamnation pût plaire au prince : c’était la voie « pour aller aux honneurs et à la fortune. »

Cécilius Cornutus, accusé d’avoir donné de l’argent pour soulever les Gaules , n’attendit pas son jugement, et se donna la mort; car alors être accusé ou être condamné était une même chose. Cette m ort anticipée donna lieu de proposer de ne pas accorder de récompense aux accusateurs du crime de lèse -majesté, lorsque l’accusé aurait cessé de vivre avant le jugement ; mais Tibère s’éleva contre cette proposition, et, contre sa coutume, dit Tacite, il prit ouvertement le parti des délateurs. Ainsi ces hommes pervers, nés pour l’extermination des gens de bien, et qui jusque-là avaient semblé ne pouvoir être trop réprimés par la sévérité des peines, furent alors déchaînés et excités par l’appât des récompenses.

Charles il épouvanta l’Angleterre du spectacle

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