LA POUCE
huilés sc meuvent au milieu de nous saus frottement, sans secousse, saus autre force que celle que la loi leur imprime. Aussi n’ai-je d’autre but, en ramenant l'attention du lecteur sur des maux si loin de nous, que d’établir entre le passé et le présent un parallèle dont nous avons tant de raison de nous glorifier.
La politique admet encore l'usage des espions, comme la médecine celui des poisons; mais c’est pour guérir, assure-t-elle, et uou pour tuer. Si les poisons et les espions agissent quelquefois selon leur nature, c’est contre l’iiilention bien connue de ceux qui les emploient ; c’est le remède qui a tort, et non le médecin.
Les espions sont désavoués par la morale; ils brisent ce qu’il y a de plus doux dans le lien social, la confiance entre les citoyens : l’autorité , eu les élevant vers elle, ne peut les ennoblir, et elle s’avilit en descendant vers eux. Mais on dirait qu’il ne s’agit plus de morale, de confiance, d'estime ujouverner, voilà la question; est-ce à l’aide des espions qu'on espère la résoudre ?
La main du temps se fait sentir dans le bien comme dans le mal; tout se perfectionne. Le sombre, le dissimulé, le cruel l'ibère lui-même ne voulait pas qu’un homme pût être recherché pour les paroles qu'il avait dites à table parmi ses amis, dans la chaleur et la liberté des festins. Un tyran