MAISONS DE DÉBAUCHE
vaut la pudeur publique, provoquent les passants, et les arrêtent au détour des rues : on craint que l’aspect impur de ces femmes perdues ue souille les rhastes regards des adolescents. En Italie même, où les mœurs sont peu sévères, les mères sortent sans danger avec leurs filles ; elles ne craignent pas que la rencontre d’une autre personne de leur sexe puisse donner lieu à des questions auxquelles elles ne pourraient répondre sans rougir, ou qu'elles ne pourraient éluder sans faire naître des doutes, sans éveiller une curiosité périlleuse. Moins protégées par leurs magistrats, les vierges de la Gaule, de l’Angleterre et de la Germanie, ne peuvent sortir, même au milieu de leur famille, sans se voir initiées aux mystères du vice et de la débauche avant de letre à ceux de l’hymen et de la maternité. Une scandaleuse magistrature qui, semblable aux reptiles, vit dans la fange et les ténèbres, et, comme eux, se nourrit de venin et de poison, la police, protectrice du jeu, est aussi protectrice du libertinage, et tire également de l’un et de l’autre un immonde salaire. Dirai-je sur quels honteux, sur quels misérables motifs se fonde le privilège des jeux et de la prostitution? Non: ma plume n'a pas appris, comme les magistrats de la corruption , à braver toute pudeur.