UES BANQUEROUTES
autorise, dit Montesquieu, l’universalité des débiteurs à en agir de même envers leurs eréanciers; l’infidélité du prince devient celle de la moitié des habitants du royaume envers l’autre moitié. » Quels troubles! quelle chaîne d'injustices et de manquements de foi, depuis l'anneau qui tient à la conscience du monarque jusqu’à celui qui s’attache à la conscience du dernier de ses sujets ! et cependant le moteur de cette infidélité générale est celui-là même à qui la garde des lois et de la foi publique a été remise !
Dans presque tous les états de l’Europe, le crime de fausse monnaie est puni de mort. Mais en quoi consiste ce crime ? à mêler à l’or ou à l’argent un métal de moindre prix , ou à donner un moindre poids aux pièces qu’on met en circulation.
Cependant, que font les gouvernements dans la fabrication des monnaies? ne mêlent-ils pas le cuivre avec l’or, avec l’argent, et ne le vendent-ils pas ensuite comme si la pureté de ces métaux n’était pas altérée? Les bénéfices de ce commerce entrent, dit-on, dans les coffres de l’état. Mais si cette fraude est permise aux gouvernements , pourquoi serait-elle défendue aux particuliers? Si c’est un délit si grave, osez-vous en donner l’exemple, et le poursuivre dans les autres? S’il est excusable, pourquoi le punir de mort? quelle proportion y a-t-il entre le châtiment et la faute?