‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 254 sur 318 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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Avantages moraux et philosophiques du progrès des lumières.

L'instruction n’est pas moins favorable aux mœurs privées qu’aux mœurs publiques, aux peuples qu’aux monarques. La lumière naturelle dissipe les ténèbres ; la lumière de l’esprit dissipe les erreurs.

L’étude modère les craintes excessives et les vastes désirs , en nous montrant les limites des bieDs et des maux; en faisant connaître au cœur de l’hommedcs jouissances plus pures que celles du pouvoir ; en lui apprenant qu’il est, au fond de sa conscience et dans le secret de sa pensée , des résistances morales que ne pourrait vaincre le monarque aux douze cent mille soldats.

Le savoir, ennemi de toutes les superstitions, soumet l’esprit aux mystères que ne peut concevoir l'intelligence humaine : en découvrant les choses

AVANTAGES MOItAlJX

naturelles, il voile celles qui sont hors de la portée des sens , comme le soleil , en découvrant à nos yeux les objets terrestres , nous dérobe les étoiles du firmament.

La science admire et reconnaît dans les causes secondes l’intelligence créatrice des causes premières, et dans l'éternelle reproduction des êtres l’éternelle durée de leur auteur.

Anytus reprochait à Socrate d’affaiblir par le doute et par l’examen , dans l’esprit de la jeunesse, le respect des dieux et des lois. Socrate répondit en refusant de se soustraire parla fuite à une condamnation injuste ; il accepta sa sentence de mort comme un acte de soumission aux lois de son pays.

C’est une vieille maxime tout nouvellement remise eu crédit, que [amour des lettres est incompatible avec l’esprit des affaires. Si, par esprit des affaires , ou entend l’esprit d’intrigue, l’esprit de parti , l’esprit de corruption, je suis prêt à convenir que l’amour des lettres est incompatible avec cet esprit-là; mais si l’esprit des affaires suppose de la fermeté dans le caractère, de lclévation dans la pensée, de la sévérité dans les principes, de la sagesse dans les vues, et de la justice dans le choix des moyens, l'homme de lettres , digne de ce nom , est sans doute plus propre qu’aucun autre à la direction des affaires publiques, s’il est en même temps doué du courage nécessaire pour supporter les dégoûts sans nombre

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