‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 259 sur 318 · ÉTAT ACTUKI. DE LA LITTÉRATURE · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTUKI. DE LA LITTÉRATURE

Rousseau assigne la cause et l’origine île l’inégalité parmi les hommes, et il a besoin de toute son éloquence pour leur persuader qu'un sang de même nature et de même couleur coule dans leurs veines; qu’ils sont sujets aux mêmes infirmités, aux mêmes besoins, qu’ils naissent libres, et que dans l’état social tous apportent des droits égaux.

De cette écolenormale d’une nouvelle littérature, sortent les d’Alembert, les Diderot, les Duclos, les Marmontel, les Thomas, les Helvétius, et cette foule d’écrivains philosophes qui répandent partout les lumières qu’ils ont été puiser à sa source.

La révolution commence, ou plutôt elle s’achève, et la régénération du peuple français semble être consommée.

Qui donc a changé' tant de cris d’alégresse en longs gémissements ? taut de jours de fête en jours de deuil? qui donc a couvert le champ de la liberté de débris et de cadavres ? Les résistances de 1 ambition , de la sottise et de l’orgueil. Je crois pouvoir me dispenser de répondre à ceux qui ont accusé la philosophie des crimes qu elle abhorre, et quelle n’a jamais cessé de combattre; la philosophie repousse, il est vrai, l’arbitraire, mais elle demande des lois, elle veut la justice, elle invoque la morale, et plaide en faveur de la raison et de 1 humanité.

Sur tous les débris qu elle a pu sauver d’un grand

SOUS LE RAPPORT MORAL. 4*5

naufrage politique , on peut voir encore l'empreinte de scs vœux et de ses espérances.

A toutes les époques où l’iniquité des juges a banni Thémis de son temple, la voix courageuse de nos avocats a-t-elle cessé <1 invoquer son auguste nom? Sous la république, les Tronçon Ducoudray, les Chauveau-Lagarde; sous l’empire, les Bellart, les Lamalle; et, dans ces derniers temps, les Dupin , les Mauguin, les Tripier, les Mérilhou, les Barlhe, les Odillon-Barrot, n’ont-ils pas rappelé sans cesse , dans leurs éloquentes paraphrases, cet hémistiche fameux : Des lois et non du sang ?

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