DE VOLTAIRE
défenseur des droits du trône et de la liberté des peuples, Voltaire, il faut bien en convenir, avait le malheur de ne point aimer les moines , de ne pas sentir toute l’utilité des couvents , de penser cjuc l'éducation publique pouvait être confiée à des mains plus pures que celles des jésuites , et de rire quelquefois des décisions de la Sorbonne. Voilà ses torts: je ne prétends pas nier l’influence qu’ils peuveut avoir eue sur la destinée de ces mêmes objets .que Rabelais, Boccaee,etLa Fontaine ont néanmoins traités avec plus d’irrévérence encore ; mais je pense qu'il est juste de faire entrer , en compensation de ces griefs , le peu de bien qu'il a fait , et qu’il appelait son meilleur ouvrage.
Ferney, qu’il fonda dans son exil, où plusde cent familles nourries, logées, entretenues par scs soins, bénissent encore aujourd’hui la mémoire de leur bienfaiteur ; l’affranchissement des serfs du Mont- Jura; la mémoire de Calas réhabilitée; Sirvcn arraché à l’échafaud ; la nièce du grand Corneille , recueillie dans sa maison , et dotée des fruits de son génie; l’assassinat judiciaire du jeûné et infortuné Labarre , et la sentence inique du général Lalli , dénoncés à l’opinion publique ; tant d’innocents vengés , d’infortunés secourus , de gens de lettres protégés; tant de traits de courage, de générosité, dont un seul suffirait à la gloire d’un autre homme, ne sauraient-ils racheter l’erreur, quelque grave