‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 264 sur 318 · DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

DE VOLTAIRE

défenseur des droits du trône et de la liberté des peuples, Voltaire, il faut bien en convenir, avait le malheur de ne point aimer les moines , de ne pas sentir toute l’utilité des couvents , de penser cjuc l'éducation publique pouvait être confiée à des mains plus pures que celles des jésuites , et de rire quelquefois des décisions de la Sorbonne. Voilà ses torts: je ne prétends pas nier l’influence qu’ils peuveut avoir eue sur la destinée de ces mêmes objets .que Rabelais, Boccaee,etLa Fontaine ont néanmoins traités avec plus d’irrévérence encore ; mais je pense qu'il est juste de faire entrer , en compensation de ces griefs , le peu de bien qu'il a fait , et qu’il appelait son meilleur ouvrage.

Ferney, qu’il fonda dans son exil, où plusde cent familles nourries, logées, entretenues par scs soins, bénissent encore aujourd’hui la mémoire de leur bienfaiteur ; l’affranchissement des serfs du Mont- Jura; la mémoire de Calas réhabilitée; Sirvcn arraché à l’échafaud ; la nièce du grand Corneille , recueillie dans sa maison , et dotée des fruits de son génie; l’assassinat judiciaire du jeûné et infortuné Labarre , et la sentence inique du général Lalli , dénoncés à l’opinion publique ; tant d’innocents vengés , d’infortunés secourus , de gens de lettres protégés; tant de traits de courage, de générosité, dont un seul suffirait à la gloire d’un autre homme, ne sauraient-ils racheter l’erreur, quelque grave

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