CHAPITRE PREMIER
Rapports entre la morale et l’éducation.
Si j’avais le malheur d’être né sujet d’un de ces monarques paternels , comme les appellent leurs flatteurs , qui ont horreur des lumières, qui déclarent aux hommes dont la profession est d’instruire, qu’ils seront punis de l’exil s’ils s'acquittent des devoirs qui leur sont imposés , je me garderais bien de rechercher quels rapports existent entre la morale et l’instruction ; car toute la moralité d’une action résultant, pour celui qui la commet, de la connaissance acquise des principes , qui font que cette action est bonne ou mauvaise, juste ou injuste, permise ou défendue , il est évident que ceux à qui cette connaissance est refusée ne sont plus justiciables de la morale publique. Indifférents par ignorance , entre le vice et la vertu , ils obéiront à la force, et ne se décideront jamais que par intérêt ou par crainte: sentiments dont Montesquieu fait le seul ressort des gouvernements despotiques. Heu-