l6 HAPPOUTS ENTKE LA MORALE
reux habitant d’un pays où la culture de l’esprit n'a pas encore cessé detre en honneur, où la science des hommes et des choses est encore l’occupation des races qui s’élèvent; où les premières pierres du temple de l’obscurité, posées par des mains honteuses , n’attesteront que les ridicules efforts des ennemis delà lumière, je n’arrive pas trop tard pour dire ce que la morale approuve et ce quelle condamne dans l’éducation publique.
L’éducation a deux objets : augmenter les lumières de l’esprit, développer les vertus du cœur; tous deux tendent au même but, l'accomplissement des devoirs. Or, il est des hommes qui ne veulent pas que l'éducation fasse des savants; ils le déclarent à la face du monde. Mais Aristote prétend que nulle vertu n’est propre aux esclaves ; aussi ne veulent-ils pas que l’éducation fasse des hommes libres. D’où ils doivent conclure quelle est tout-à-fait inutile, et que l’économie consiste à supprimer les dépenses superflues quelle entraîne : c’est saus doute vers ce but que tendent ceux qui retranchent de l’éducation publique le culte de la patrie, et qui bannissent des écoles jusqu’au nom de liberté. Qu’importent ces puérils efforts ? le temps emporte, grâce au ciel, les restes d’une génération vieillie dans l’enfance des préjugés, et en ramène une autre brillante de jeunesse , et riche de tous les biens que nous aurons acquis pour elle.