UES MAITRES
monde, et rarement un état d’aisance à la fin d’une
carrière honorable , telles sont les récompenses du
professorat.
Un homme' a étudié eu philosophe les lois confuses et contradictoires des nations; dans les réglements de la justice criminelle, il a su démêler les vestiges de la barbarie gauloise, et les traces plus profondes du sceptre de fer sous lequel nos aïeux ont gémi. Cet habile et sage professeur recherche moins l’esprit que la morale des lois: ses jeunes auditeurs se pénétrent en l’écoutant des hautes vérités qu’il enseigne. « Le repos dans les lois est le « premier bien, mais la liberté périlleuse vaut mieux ■< que le calme dans l’esclavage. » Toute sa doctrine est renfermée dans ces paroles : des aines neuves, des esprits bien préparésies recueillent, et une génération nouvelle grandit et s’élève dans l’amour de la patrie, de la justice, et de la vérité. Mais la sottise et l’envie ont écoulé aux portes ; à leur voix l’autorité s’alarme, le vertueux professeur est arraché de sa chaire, et les jeunes gens qui étudient les lois apprennent comment on les outrage dans l’enceinte même où on les enseigne.
Qu’un autre professeur d’un talent reconnu, d’une amc forte, et d’un esprit élevé1, se charge de déve-
‘ M. Havoux, professeur de droit civil à l'École de Droit.
3 M. Tissot , professeur de poésie ancienne au Collège de France.