‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 27 sur 318 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Les offrandes et la prière.

Les prêtres, dans toutes les religions, ont représenté l’Être infini, immuable, impassible, comme un Dieu jaloux, un Dieu colère, vindicatif, inconstant, avare; ils ont prêché aux peuples que, pour se rendre la divinité favorable, il fallait surcharger ses autels de dons et d’offrandes : le cœur ne peut être innocent si les mains sont vides : tous les crimes sont remis au coupable qui enrichit le temple.

L’ordre de tout l'univers a été réglé à tout jamais par l’éternelle sagesse, par la raison primitive. “ Les lois selon lesquelles Dieu a créé le monde sont, dit Montesquieu , celles selon lesquelles le monde se conserve. » Mais les rois de la terre ne sont-ils pas les images vivantes du roi du ciel ? les lois qui émanent de ces dieux terrestres ne changent-elles pas au gré de leurs caprices, des passions des favoris, des maîtresses, des ministres? N’a- 1- on pas vu, dans le cours des siècles, deux ou trois monarques se laisser fléchir par la prière? Ix>s cris des suppliants n’ont-ils pas quelquefois détourné des arrêts de mort, des ordres d’extermination? « Faites donc des vœux, adressez des prières au roi du ciel, ont

Page 1