‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 277 sur 318 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Conséquence* et conclusion de ce livre.

Les écrivains qui ont osé dire que le cœur humain était sous l’empire d'une perversité naturelle ont étrangement calomnié la créature et le Créateur. De quel riche fonds de vertu l’homme au contraire n’at-il pas dû être doté, puisque tout ce qu'il voit, tout ce qu’il éprouve, les contradictions perpétuelles au milieu desquelles il naît, il vit et il meurt, n’ont pas entièrement obscurci les lumières de sa raison et les vérités morales dont sa conscience est le foyer. Ici le magistrat est le premier à violer les lois confiées à sa garde : là les actions des prêtres outragent la religion qu’ils prêchent. Quels exemples reçoivent les peuples de la part de ceux dont la vie est exposée à tous les regards, et dont les paroles frappent toutes les oreilles? des maximes toujours démenties, des promesses toujours éludées, des serments impuissants ou fallacieux. Par quel miracle l’autorité de tels instituteurs et la puissance de tels exemples n’ont-elles pu parvenir encore à changer toutes les nations modernes en sociétés de fourbes, d’hypocrites, chez lesquels tromper et trahir soient des titres d’honneur pour tous, comme ils le sont

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