CAUSES UES CHANGEMENTS
sars achevèrent la dépravation des mœurs , et hâtèreut la décadence de l’empire.
La plus grande division possible des fortunes, les progrès de l’instruction et des lumières ; des punitions proportionnées au degré de gravité de l’offense; des lois claires, simples, faites et exécutées de bonne foi; des formes qui soient des garanties et non des pièges; des magistrats qui appüquent les lois et ne les interprètent pas, c’est avec de tels moyens que les mœurs se régénèrent et se conservent. Par les résultats obtenus depuis vingt ans de l’emploi d’un petit nombre de ces moyens , on peut juger quels progrès la morale ferait en France, si les plus efficaces ne lui étaient pas opiniàtrément et impudemment refusés par les hypocrites louangeurs des temps passés.
En effet, les hommes qui ont vu les honteuses saturnales auxquelles ou donnait autrefois le nom de plaisirs du peuple, les grossières livrées de l’indigence dont ce peuple était a peine couvert , ne doivent-ils pas reconnaître, au progrès de l'aisance et delà propreté que l'on remarque dans les dernières classes de la société, l?* preuve d’un bien-être plus général ?
Qui ne remarque avec le même plaisir pins de dignité dans les manières, plus de correction dans le langage, plus d’urbanité et de douceur dans les habitudes, même chez les ouvriers les plus pauvres?
DANS LKS MOEUIIS. 4(>7
Comment, en contemplant cet heureux résultat de l'instruction populaire, ne pas former le vœu de voir augmenter cette somme dérisoire de 20,000 fr. destinée aux frais de l’enseignement mutuel, et traiter au moins les enfants du pauvre à l’égal des singes d’Afrique, pour l’achat et l’entretien desquels on compte 5o,ooo fr. dans le budget de la ménagerie? Si le Jardin des Plantes comptait quelques singes de moins, Paris aurait chaque année quelcpies bons et utiles citoyens de plus : nos hommes d’état rte trouveraient-ils pas qu’il y aurait compensation suffisante?