CHAPITRE III
De l'influence des femmes sur l’existence politique et les moeurs des peuples.
C’est en parlant des Français que J. J. Rousseau a dit : « Les hommes seront toujours ce qu’il plaira « aux femmes ; si vous voulez qu’ils deviennent « grands et vertueux, apprenez aux femmes ce que » c’est que grandeur et vertu. »
Le bienfait de l’influence des femmes sur l’existence politique des peuples est une de ces vérités sur lesquelles l’histoire multiplie les preuves.
Chez la nation dont les traditions sacrées commencent les annales du monde chrétien , chez les Juifs, hommes sensuels et grossiers, les femmes seules tempérèrent, par le charme de leur innocence, des moeurs cruelles, fanatiques et indomptables.
Les femmes de Sion se montrèrent , suivant la comparaison biblique, ainsi que des sources d’eau
4<So 1)E L’INFLUENCE DES FEMMES
vive dans les rochers de Gbizer : sans les Sara , les Huth, les Hache!, ces hommes de sang, toujours à genoux devant uu Dieu en fureur, eussent été des monstres de cruauté.
Tout ce qu’il y a de consolant , de tendre , d'aimable, dans l’histoire du peuple de Dieu, c’est aux femruês qu’on le doit: c’était une mère, cette Kthaini « qui ne voulait pas qu’ou la consolât de s la mort de ses enfants: elle vivait solitaire, et sa douleur craignait d 'être soulagée. »
C’étaient les filles d’Israël qui chantaient leur captivité en vers si touchants.
“ Assises au bord des eaux sur la terre étrangère, “ nous avons pleuré en songeant au triste jour où u l’ennemi, rouge de sang, entassa les cadavres sur les hauts lieux de Jérusalem; où les filles de Sion « furent dispersées et s’exilèrent en gémissant.
■< Nous regardions ces flots qui roulaient libres >< sous nos pieds; alors l’étranger nous demanda des u chants; non, jamais il ne goûtera cet affreux plai- « sir; que nia voix s’éteigne, que ma main se des- « sèche avant qu’elle fasse entendre à nos tyrans un « seul accord de la harpe d Israël.
u Harpe sainte, je te suspends aux branches du » saule; jamais, jamais avant d’être libre, tu ne se- ■■ ras détachée; non, la voix des cruels qui mao « compagnent ne se mêlera jamais à tes doux ac- « cords. »