LIVRE VIII
Page ai 4- L’histoire n’a offert qu’une fois au monde , sous le régne des Àntonins, l’alliance du pouvoir et de la liberté.
«Si j’avais à choisir entre toutes les formes de gouvernement dont on a des exemples dans la monarchie française, dit Sully, je proposerais Clovis t Charlemagne , Philippe- Auguste et Chartes-levage, et je voudrais qu’ou détournât les yeux de tout le temps qui s’est écoulé depuis Charles VIII jusqu’à nous; et si j'avais un principe à établir, ce serait celui-ci : Les bonnes mœurs et les bonnes lois se forment réciproquement. » (Mém. tome V, page 29a.)
«Les causes de la ruine et de l’affaiblissement des monarchies sont les subsides outrés , les monopoles, principalement sur le blé, le négligement du commerce, du trafic, du. labourage, des arts et des métiers; le grand nombre de charges, les frais de ces offices, l’autorité excessive de ceux qui les exercent, et t iniquité de Injustice; l'oisiveté, la débauche et la corruption des mœurs; les guerres injustes et imprudentes; le despotisme des souverains, leur attachement aveugle à certaines personnes , leur prévention en faveur de certaines conditions et de certaines professions ; la cupidité des ministres, des courtisans et des gens en faveur; le mépris et l’oubli des gens de lettres; la tolérance des méchantes coutumes et l'infraction des bonnes lois; l'attachement opiniâtre à des usages indifférents ou abusifs; la multiplicité des édits embarrassants et des règlements inutiles. * [Mémoires de Sully, tome V, pages 290 et 291.)
Page ai 5. Pour retarder sa défaite, que fait le despotisme? il cherche à tromper les hommes.
«Nous commandons vous et moi à des peuples si brouillons, disait Charles-Quint à François /cr, que si nous ne faisions quelque guerre par intervalles pour les amuser e t amortir en eux cette impétuosité belliqueuse, nos propres sujets nous feraient la guerre à
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nous-mêmes, ce qui serait l>ien pis. * {Voyez Rsyle, à l’article Charlet-Quint, et l'historien Mathieu.)
Page 216. Dans presque toutes les monarchies il existe des familles avides et oppressives.
Quand je pense à la situation des princes, toujours entourés d'hommes avides et insatiables, je ne puis que les plaindre, et je les plains encore davantage lorsqu’ils n’ont pas la force do résister à des demandes toujours onéreuses à ceux qui ne demandent rien.
Je n’entends jamais parler de leurs libéralités, des grâces et des pensions qu’ils accordent, que je ne me livre à raille réflexions : une foule d’idées se présentent à mon esprit; il me semble que j’entends publier cette ordonnance :
« Le courage infatigable de quelques-uns de nos sujets à nous « demander des pensions ayant exercé sans relâche notre munifi-
• cencc royale , nous avons enfin cédé à la multitude des requêtes « qu’ils nous ont présentées, lesquelles ont fait jusqu’ici la plus « grande sollicitude du trône. Ils nous ont représenté qu’ils n’ont «jamais manqué, depuis notre avènement à la couronne, de
• se trouver à notre lever; que nous les avons toujours vus,
• sur notre passage, immobiles comme des bornes, et qu’ils se « sont extrêmement élevés pour regarder sur les épaules les plus « hautes, notre sérénité. Nous avons même reçu plusieurs requêtes « de la part de quelques personnes du beau sexe qui nous ont sup- « plié de faire attention qu’il est notoire qu’elles sont d’un entretien « très difficile : quelques unes même très surannées nous ont prié,
■ en branlant la tète, de faire attention qu’elles ont fait l’ornement « de la cour des rois nos prédécesseurs , et que si les généraux de « leurs armées ont rendu l’état redoutable par leurs faits militaires,
■ elles n’ont point rendu la cour moins célèbre par leurs intrigues.
• Ainsi, désirant traiter les suppliants avec bonté et leur accorder
• toutes leurs prières, nous ordonnons ce qui suit :
• Que tout laboureur ayant cinq enfants retranchera journelle- « ment la cinquième partie du pain qu’il leur donne; enjoignons
■ aux pères de famille de faire la diminution sur chacun d’eux aussi « juste que faire se pourra.
■ Défendons expressément à tous ceux qui s’appliquent à la « culture de leurs héritages, ou qui les ont donnés à titre de
NOTES
• ferme, d'y faire aucune réparation, de quelque espèce quelle soit.
« Ordonnons que toutes personnes qui s’exercent à des travaux
« vils et mécaniques, lesquelles n’ont jamais été au lever de notre
■ majesté , n’aclurtent désormais d'habits à eux , à leurs femmes et a
• leurs enfants , que de quatre ans en quatre ans : leur interdisons
• en outre, très étroitement, ces petites réjouissances qu’ils avaient
• coutume de faire dans leur famille les principales fêtes de
■ Tannée.
■ Et, d’autant que nous demeurons averti que la plupart des « bourgeois de nos bennes villes sont entièrement occupés à pour*
« voir à l’établissement de leurs tilles, lesquelles ne sont rendues
• recommandables dans notre état que par une triste et ennuyeuse
• modestie, nous ordonnons qu’ils attendront à les marier, jusqu’à « ce qu’ayant atteint l’âge limité parles ordonnances elles viennent
■ à les y contraindre. Défendons à nos magistrats de pourvoir à
• l'éducation de leurs enfants. ■ (Montesquieu , Lettres persanes.) Charondas, législateur de Thurium, publia une loi contre la fréquentation des méchants, persuadé que les vices sont contagieux et que le spectacle de la corruption ternit et altère la vertu. Comment ne pas déplorer la triste destinée de ces hommes rois, empereurs ou sultans, qui naissent, vivent et meurent au milieu des flatteries delà corruption des cours! Esclaves couronnés, ce qu’ils croient commander leur a été dicté par des hommes qui, en apparence, ne sont que les dociles agents de leur pouvoir, mais qui, dans la réalité, en sont les premiers moteurs. Les aversions, les préférences, les caprices, les intérêts, les désirs et les volontés des derniers satellites d’un despote font sa loi, sa politique et sa destinée. Le janissaire commande au sultan : il peut donner la mort, mais à chaque instant il est exposé à la recevoir ; comme il l’ordonne sans justice, sans formes, sans jugement ; comme il n’accorde à personne le droit d’être entendu , ce droit lui est refusé; il ne peut mourir que par un crime, et son destin est de rendre ce crime nécessaire.
Page 217. Dieu n’a point divisé la race humaine en nobles et en roturiers.
• Pour entrer dans la véritable connaissance de votre condition,
■ dit Nicole à un duc, considérez-la dans cette image :
■ Un homme fut jeté par la tempête dans une ile inconnue dont
NOTES
■ les habitants étaient en peine de trouver leur roi qui s’était perdu. « Comme il avait , par hasard , beaucoup de ressemblance de corps
• et de visage avec ce roi, il fut pris pour lui, et reconnu en cette « qualité par tout ce peuple. D’abord il ne savait quel parti prendre; « mais il 9e résolut enfin de se prêter à sa bonne fortune ; il reçut donc « tous les respects qu’on lui voulut rendre, et il se laissa traiterde roi.
« Mais comme il ne pouvait oublier sa condition naturelle, il son- « geait, en même temps qu’il recevait ces respects, qu’il n’était pas « le roi que ce peuple cherchait , et que ce royaume ne lui appar- « tenait pas. Ainsi il avait une double pensée : l’une par laquelle
• il agissait en roi, et l’autre par laquelle il reconnaissait son état
• véritable, et que ce n’était que le hasard qui l’avait mis en la place
■ oit il était : il cachait cette dernière pensée, et il découvrait l’autre. Cétait par la première qu’il traitait avec le peuple, et par la der-
■ nière qu’il traitait avec lui-même.
• Ne vous imaginez pas que ce soit par un moindre hasard que
• vous possédez les richesses dont vous vous trouvez maître, que celui •• par lequel cet homme se trouvait roi. Vous ri y avez aucun droit de « vous-méme et par votre nature , non plus que lui. Et non seulement
■ vous ne vous trouvez fils d’un duc, mais vous ne vous trouvez au « monde que par une infinité de hasards. Votre naissance dépend « d'un mariage, ou plutôt de tous les mariages de ceux dont vous u descendez. Mais d’où dépendent ces mariages? d’une visite faite par •* rencontre, d’un discours eu l’air, de mille occasions imprévues.
« Vous tenez, dites-vous, vos richesses- de vos ancêtres; mais
■ n’cst-ce pas par mille hasards que vos ancêtres les ont acquises «• et qu’ils vous les ont conservées? Mille autres, aussi habiles
• qu’eux, ou n’en ont pu acquérir, ou les ont perdues après les
■ avoir acquises. Vous imaginez-vous aussi que ce soit par quel-
• que loi naturelle que ces biens ont passé de vos ancêtres à vous?
■ cela n’est pas véritable. Cet ordre n’est fondé que sur la seule « volonté des législateurs, qui ont pu avoir de bonnes raisons pour « l’établir, mais dont aucune certainement n’est prise d’un droit » naturel que vous ayez sur ces choses. S’il leur avait plu d’ordonner « que ces biens, après avoir été possédés par les pères durant leur « vie, retourneraient à la république après leur mort, vous n’auriez « aucun sujet de vous en plaindre.
«• Ainsi, tout le titre avec lequel vous possédez votre bien n’est « pas un titre fondé sur la nature, mais sur un établissement hu-
NOTES
« main. Un nuire tour d'ima{jination dans ceux qui ont fait les lois,
« vous aurait rendu pauvre, et ce n'est que cette rencontre du
■ hasard qui vous a fait naître, avec la fantaisie des lois qui s'est « trouvée favorable à votre egard , qui vous met en possession de • tous ces biens. > (Nicole, Essais tle morale , tome II, premier
■ discours.)
Page aaG. Il y a vice ou crime là où ce qui devrait être avoué devient secret et mystérieux.
Voici un échantillon de ces mesures qui se méditent en secret, et doivent s'exécuter dans l'ombre. Elle fut prise par le plus mystérieux des gouvernements, celui de Venise. Le a3 juin i543, les inquisiteurs d'état rédigèrent pour eux et leurs successeurs un statut dont je transcris ici les principales dispositions :
Art. 8. Si les observateurs placés chez un ambassadeur ne parviennent pas à pénétrer les secrets, on donnera à quelque banni vénitien l'ordre de tâcher d’être reçu dans le palais de ce ministre, sous prétexte de profiter du droit d'asile. I)cs mesures seront prises pour qu'il ne soit point inquiété, et la cessation de son bail ou d’autres récompenses proportionnées à sa condition seront le prix de ses découvertes.
Art. 10. Le tribunal s'assemblera le lendemain du jour que le grand conseil aura tenu une séance. Là ou examinera la liste de tous ceux qui auront etc élus à des charges qui donnent entrée au sénat. Leur réputation, leur fortune, leurs habitudes, seront le sujet de cet examen; et si quelqu’un des élus parait mériter quelque suspicion, deux observateurs, toujours à l'insu l'un de l'autre, lui seront attachés pour suivre tous ses pas, toutes ses actions, et en rendre compte. Si cette surveillance ne procure aucun renseignement, on lui détachera quelque personne avisée pour lui parler des affaires du temps mystérieusement pendant la nuit, et l'engager, sous l'appât d’une récompense considérable, à découvrir certain secret du gouvernement à un ministre étranger; et si après cette épreuve, même après y avoir résisté, le patricien ne vient pas surle-champ rendre compte au tribunal des propositions qui lui auront été faites, il sera inscrit sur un registre intitulé registre des suspects , et soigneusement surveillé par nous et nos successeurs.
Art- il. Si, au contraire, le patricien mis à l’épreuve sc montre
NOTES
disposé à faire nu ministre étranger les communications demandées, on le surveillera encore avec plus de soin ; et s'il lui survient quelque affaire en justice, on fera traîner l’affaire en longueur de nia nière qu’elle ne soit terminée qu’après l'expiration des fonctions qui donneraient à ce noble l’entrée au sénat.
Art. ta. On se procurera quelque intelligence dans la maison de chaque ambassadeur, en tâchant de gagner quelque secrétaire à qui on offrirait une centaine d’éctis par mois, seulement pour révéler les communications que quelque noble vénitien pourrait avoir avec le ministre. On fera faire ces ouvertures par quelque moine ou par quelque juif: ces sortes de gens s'introduisent par-tout.
Art. ao. Les observateurs, pris dans l’ordre de la noblesse, seront spécialement chargés de rendre compte de tout ce qui aura été dit par les patriciens au Brogiio , sur-tout le matin de bonne heure, pareequ’on y parle plus librement à cause du plus petit nombre des personnes qui s’y trouvent. Ces observateurs feront un rapport par semaine, sans préjudice des rapports extraordinaires, lorsqu’ils auront quelque circonstance importante à révéler.
Art. ai. Ou observera la même méthode pour les agents pris dans la classe des citadins ou parmi les populaires, et il leur sera spécialement enjoint de donner avis des moindres réunions ou convcnticules qui pourraient avoir lieu entre des personnes quelconques, cet objet étant le plus essentiel de tous pour la sûreté de l’état.
Art. aa. Tous les deux mois, le tribunal sc fera apporter la boite du courrier de Rome, et les lettres en seront ouvertes pour prendre connaissance des correspondances que les papalistes pourraient avoir avec cette cour.
Art. a5. Le tribunal autorisera les généraux commandant à Chypre ou en Candie, au cas qu’il y eût dans le pays quelque patricien ou quelque autre personnage influent, dont la conduite fit desirer qu’il ne restât pas en vie, à la lui faire ôter secrètement, si, dans leur conscience, ils jugent cette mesure indispensable, et sauf à en répondre devant Dieu.
Art. a6. Si quelque ouvrier transporte en pays étranger un art au détriment de la république, il lui sera envoyé ordre de revenir. S’il n’obéit pas, on mettra en prison les personnes qui lui appartiennent de plus près, afin de le déterminer à l’obéissance par l’intérêt qu’il leur porte. S’il revient on lui pardonnera le passé, et on lui procurera un établissement à Venise. Si, malgré l'emprisonnement de ses
NOTES
parents , il persiste à vouloir demeurer chet l'étranger, on prendra des mesures pour le faire tuer où il se trouvera, et après sa mort ses parents seront mis eu liberté. Tous les ambassadeurs, résidents ou consuls en pays étranger, seront tenus de donner avis au tribunal de toutes les nouveautés qui pourraient être préjudiciables à la république.
Art. aq. quand quelque banni, ou homme poursuivi par la justice, se réfugiera dans le palais d'un ambassadeur, si le délit n’est qu'un délit ordinaire, on pourra faire semblant d’ignorer où est le coupable , pourvu qu’il ne se montre pas ; mais s’il s’agit d’un crime d'état, d’un vol de deniers publics, ou de quelque action atroce, on emploiera tous les'inoyens pour l'arrêter, et, si enfin on ne peut y parvenir, on le fera assassiner.
Art. 3o. Si, pour quelque délit que ce soit, grave ou léger, un patricien cherchait un asile dans le palais d’un ministre étranger, on aura soin de refaire tuer sans retard.
Art. 3a. Si un patricien non banni entrait au service d’un prince étranger, à moins d’être prêtre ou religieux, domicilie à Rome, il sera sur-le-champ rappelé, sous peine d’encourir la disgrâce du gouvernement. S’il refuse de vebir, ses plus proches parents seront incarcérés. Deux mois après on avisera au moyen de le faire tuer par-tout où il pourra se trouver , et, si cela est impossible, il sera dégradé de noblesse par décret du conseil des dix, après quoi ses proches seront mis en liberté.
Art. 35. Lorsque quelque noble, haranguant dans le sénat ou dans le grand conseil, s'écartera de l’objet de la discussion, et entamera des questions qui peuvent porter préjudice à l’intérêt public, l’un des chefs du conseil des dix lui ôtera h l’instant la parole. S’il se met à discuter sur l’autorité du conseil des dix, et à vouloir lui porter atteinte, on le laissera parler sans l’interrompre, ensuite il sera immédiatement arrêté ; on lui fera son procès pour le faire juger conformément au délit, et, si on ne peut y parvenir par ce moyen, on le fera mettre à mort secrètement.
Art. 39. Le noble mécontent qui parlerait mal du gouvernement sera appelé et averti deux fois d’être plus circonspect. A la troisième , on lui défendra de se montrer de deux ans dans les conseils et dans les lieux publics. S’il n’obéit pas, s’il n’observe pas une retraite rigoureuse, ou si après les deux ans il commet de nouvelles i ndiscrétions , on le fera noyer comme incorrigible.
NOTES
Art. 40. Toutes les fois cju’il s’agira de faire arrêter ou tuer un banni, 00 ne pourra promettre à celui qui s’en chargera la grâce d'un banni pour crime d'état, à moins que celui dont il s’agira ne soit criminel d’état lui-même.
Art. 47* fn banni pour crime d’état qui voudra obtenir sa grâce, ne pourra l’obtenir que du tribunal et par des services rendus au tribunal, c’est-à-dire pour des révélations sur des affaires d'état , ou par l’arrestation ou par la mort d'un autre criminel d’état. Alors les inquisiteurs jugeront si le banni arrêté ou tué é tait d’une importance supérieure à celle du bauni qui aura fait le meurtre ou l’arrestation. Si le mort était un personnage plus important, on pourra prononcer la grâce de celui qui aura apporté sa tête. Dans le cas contraire, on verra ce qu'il peut être à propos d’ordonner, et, si on n’accorde pas la grâce , on remettra quelque récompense à celui que le meurtrier aura désigné. (D.vnu, Histoire de Venise.)
Page 228. Ce n’est pas la pratique des bons princes d’employer des espions ; ce fut celle de Tibère.
En l'année 777 de Rome, on vit paraître devant le sénat deux hommes du nom de Vibius Serenus, l’un arraché de l’exil, couvert de haillons, courbé par l’âge et le malheur, marchant avec peine et sous le poids d’une accusation capitale: c’était le père. L’autre, dans la fleur de l’âge et de la santé, le visage riant, toute sa personne annonçant le contentement et l’opulence: c’était le tils, c’était aussi l’accusateur. Il avait dénoncé son père comme ayant tendu des embûches au prince, et pratiqué des menées pour soulever les Gaules, faisant lui seul dans cette horrible affaire l’office d’espion , de délateur et de témoin. Le père, agitant violemment les fers dont il était chargé, invoquait les dieux, redemandait son exil ou plutôt la mort, afin d’être délivré de l’horreur de vivre avec des hommes si pervers et dans des temps si exécrables. Les esclaves du vieux Serenus furent rais à la question; mais ils ne déposèrent que contre son parricide fils, ce qui n’empêcha pas Tibère de demander et de faire accorder à ce monstre les récompenses promises aux délateurs.
Romanus Ipson s’engagea le premier à Home dans cette carrière qui devint si célèbre par la perversité des hommes et les misères publiques. Rouvre, inconnu, il parvint, par un espionnage secret, et
NOTES
s'accommodant peu-à-peu à la cruauté du prince, a mettre en péril la vie des plus grands personnages et des plus vertueux citoyens, acquérant la faveur d’un seul et la haine de tous. Il donna cet exemple funeste , suivi depuis par tant d'autres ( qui de pauvres sout devenus riches, et de méprisés redoutables), de chercher son bien dans la ruine d’autrui. ( Tacite, /fnn. )