LA RELIGION MOYEN POLITIQUE
saieut : l’éloignement des travaux mécaniques ou serviles, la possession des biens et des honneurs, l'exemption des charges publiques, des fatigues et des périls de la guerre. »
Chez presque toutes les autres nations , les prêtres ont ajouté à ces privilèges l’exemption des devoirs de la paternité et des soins de la famille. Ils ont érigé en vertu la transgression des lois naturelles , et l’ont appelée chasteté. ■< Le sacerdoce tenait de trop près au ciel, dit encore M. Pastoret (que je me plais à citer dans une question sur laquelle il a jeté tant de lumière), le sacerdoce tenait de trop près au ciel pour remplir les devoirs et payer les tributs de la terre. »
Au lieu de ne considérer la terre que dans ses rapports avec le ciel , Dieu n’a été considéré que dans ses rapports avec les intérêts terrestres. Le divin législateur a dit en vain que son royaume n’était pas de ce monde; la religion entre les mains des prêtres est devenue un moyen de gouvernement , un instrument qu’ils ont daigné confier aux puissances de la terre après l’avoir employé contre elles, et leur avoir appris à en faire un sanglant usage.
Un cardinal, Bellarmin, dans son Traité du Pouvoir pontifical, soutient que le pape est non seulement le monarque absolu de l’Église universelle, le juge infaillible de la foi , mais encore le maître des couronnes et de la vie des rois. Les monarques sont