‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 La morale appliquée à la politiqueChapitre 50 sur 318 · BUT DU LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

BUT DU LA SOCIÉTÉ

aucun n’a le droit de commettre un crime pour sa propre conservation. Par quel sophisme prétendrait-on que la masse possédât ce que chacune de ses parties ne possède pas? et si le corps social en entier n’a pas le droit d’assurer sa conservation au prix d’un crime, comment ce droit pourrait-il être transféré à des magistrats, à des ministres, à des rois, à des nations. Cette maxime de la politique, salus populi suprema lex, est donc clle-mcme susceptible de restriction, comme j’aurai occasion de le prouver.

Il n’y a dans le monde que deux puissances : celle de la force et celle de la raison. Les animaux disputent à l’homme l’empire de la force; l’empire de la raison n’appartient qu’à lui.

La force régne sans partage dans les déserts de Zara et de Barca , sur les côtes de la Méditerranée, en Turquie, et dans presque toute l’Asie. La raison achève la conquête de l’Amérique; en Europe, la France et l’Angleterre ne l’ont pas encore abjurée ; mais dans le reste du monde civilisé, la force est aux prises avec la raison, c’est-à-dire avec la justice.

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