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le rapport des deux fifjures principales, un anachronisme quel’usafjene saurait consacrer. Olidipe est trop vieux, ou Antigone est trop jeune. Ce prince était nécessairement dans la fleur de l’agc quand il eut le malheur d’épouser sa mère. Si la fille de .locaste n’a que quinze ou seize ans, son père ne peut en avoir plus de quarante; dès-lors, ce front ridé, cette harbe et ces cheveux gris dont vous couvrez sa tête, sont un véritable contresens.
Ce défaut, de vieillir le personnage principal, est moins excusable encore dans le tableau où l’on nous représente Henri IF recevant ilans son camp, sous Paris, les habitants que la famine a chassés de cette ville.
A sa barbe grise, à ses traits ridés, à son attitude abandonnée sur son cheval, le Béarnais, dans ce tableau , donne l’idée d’un vieillard septua(;énairc. Hélas! il n’a pas vécu si long-temps! L’action se passe en 1 5go : Henri était né à la fin de l’année ]553; il n’avait donc que trente-sept ans alors; au reste , c’est là le moindre défaut de cette faible composition, où tout est contre-sens d’un bout à l’autre. Ces armures luisantes, ces justaucorps galonnés, CCS harnais éclatants, n’étaient pas ceux des vétérans de l’armée d'Henri IV, et s'ils les avaient eus, ce jour-là, le Béarnais les leur aurait fait quit-
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ter, pour ne pas insulter, par un contraste choquant, à la misère tic ceux qui venaient lui demander du paiu.
C’est un sujet bien choisi que celui de la mort de Roland , écrasé, dans la vallée de Roncevaux, sous les débris des inontagues détachées par les Maures. Ce tableau, de M. Michalon, offre de belles masses, et les hardis accidents du terrain, y sont disposés de manière à ajouter à l’effet de l’action terrible qui se passe dans cette gorge étroite, à laquelle le héros a légué son nom.
L’Entrée de Charles FUI dans la ville d'Aquapendente, as.sigue à M. Chauvin un rang parmi uos meilleurs paysagistes. Que cette route monte et tourne bien! que cette colline coupée en terrasse, CCS maisons sans toit.s, cette verdure un peu cendrée des Apennins, ont un caractère bien vrai, bien local ! je le retrouve dans la couleur du ciel , dans les effets de la lumière sur les montagnes lointaines; jusque dans le mouvement des chevaux qui gravissent la colline en piaffant. M. Chauvin est un peintre dont le talent est plus grand que la renommée ; j’en connais d’autres, dont la renommée est bien au-dessus du talent: les arts ont aussi leur loterie. M. Chauvin .serait plus connu si ses ouvrages n’étaient pas enlevés aussitôt qu'ils sont finis. .le me .souviens d’avoir vu un de ses tableaux représentant des capucins travaillant dans leur jardin , auprès
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d’un cloître éclairé d’une vive lumière. Si mes souvenirs ne nie trompent pas, ce tableau ne le cédait en rien, jioiir l’effet ma(jique, à celui que vient d’exposer M. Oranet, et l’emportait peut-être pour la naïveté de la composition.
J’ar une disposition très sagement conçue, les tableaux commandes par le gouvernement, ont été mis en concurrence les uns à côté des autres, ce qui donne le moyen do s’assurer d’un coup d’œil que la faveur, accordée à certains peintres, n’a pas toujours été mesurée sur leur talent. Cette observation ne regarde assurément pas M. Dunony, dont les cbarmants ouvrages [leuvent se disputer la palme dans cotte lutte des paysagistes. J’ai distingué, plus particulièrement , sa f'iie du port et de la ville de Castellaniore, et celle qu’il a prise de la côte de Pausilippe, d’où l’on aperçoit le golfe de Baja, Pouzzolane, et la montagne de Saint-Nicolas, dans l’île d’iscbia. Les pins en forme de parasol , la verdure aride et brûlée, sur laquelle paraissent plutôt haleter que paître des troupeaux de chèvres; à l’horizon, le V’é- .sHve et les nuages légers qui se composent de la fumée qui s’échappe du volcan ; le cap Minerve, Gaprée, et les vais.seaux qui sillonnent la mer, tous ces objets sont représentés avec autant de fidélité que de vigueur; on sent que M. Dunouy a vécu .sous le beau ciel de Naples, aux bords de ces tranquilles mers que n’a jamais soulevées l’impétueux aquilon.
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Ce n’est point sur ces paisibles ondes que se passe l’action si admirablement peinte par M. Horace Vernet, dont le nom revient toujours quand il est question de chefs-d’œuvre. Un de ses tableaux de marine représente un combat entre des forbans algériens, ravisseurs d'une jeune femme, et l’époux et les parents de cette femme. Les feux de l’orage brillent à l’horizon, et reflètent, sur les eaux, une teinte enflammée. Le mouvement des vagues, leur couleur, leur transparence, tout est juste, tout est vrai ; c’est la nature prise sur le fait.
11 n’y a ni moins de vérité, ni moins de talent dans cette autre marine, du même auteur, représentant un naufrage au pied d’un fort. J’ai entendu faire, de ce tableau, une critique qui ne peut manquer de flatter beaucoup M. Horace Vernct: voilà, disait un vieil amateur, une vague que ce M. Horace a volée à son grand-père; l’amateur avait tort; on ne vole pas celui dont on bérite.
Un autre successeur du premier Vemet, M. Hue, soutient à ce concours sa vieille et honorable réputation : peut-être n’a-t-il rien fait de plus beau que la vue (lu port et de la tour de Terracine, au moment d’un orage qui se forme , et déjà enveloppe de ses sombres vapeurs la ville, les montagnes, et la mer dont les flots commencent à se soulever; ce jour obscur jette sur les vagues de sinistres reflets. Un navire à la voile glisse sur cette mer inquiète, et se
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hâte de gagner le port. 11 y a , dans cette figure d’un homme à cheval, galopant vers la ville, un mouvement naturel qui appartient à cette manière mobile, si j’ose m’exprimer ainsi, dont le secret est celui du talent original de M. Hue.
Les eomhats sur mer se ressemblent tous; ce sont toujours des bâtiments au milieu d’un tourbillon de fumée , des voiles en lambeaux , des mâts rompus , un ciel gris et une mer écumante: ce n’est donc pas la faute de M. Grépin si toutes ces circonstances se i-ctrouvent dans son combat de la frégate française la Poursuivanle , contre le vaisseau anglais l’Hercule; mais j’ai parcouru les mers des Antilles, et je puis assurer M. Grépin, que, dans ces climats, le ciel est plus chaud et la lumière plus vive qu’il ne les a représentés dans son tableau: il a été plus heureux, sous ce rapport, dans son combat de la Bayonnaise. Au reste, il y a, dans les ouvrages de ce peintre, quelque chose de plus honorable encore que le grand talent qui le distingue; c’est le sentiment de la gloire nationale : il est resté citoyen et Français, lorsque tant d’autres ne sont plus que peintres et statuaires; il n’a point répudié la gloire contemporaine; ses héros sont ceux de notre âge. Honneur, avant tout, à l’artiste citoyen.
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