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liPiir; c’est à bord des vaisseaux où il a servi dès i'âj'e de treize ans, c’est à bord des ponlous aii{i;lais où il a été biiit ans prisonnier, que M. Louis Gar- . ucrey est devenu le j)eintre de marine, sinon le plus babilc sous le rapport de l’art, du moins le plus fidèle et le plus exact <{ue je connaisse.
Il n’appartenait qu’à un marin, et à un marin consommé dans son art, de peindre un vaisseau ijui fait nnufraye dans un calme (circonstance dont la notice ne fait pas mention , et qui donne à ce tableau un intérêt tout particulier); de représenter un grand nombre de navires dans un port, à l’instant où s’exécute le mouvement général (jiie le jusant leur imprime, .le n’ajouterai qu’un mot à l’éloge d’un talent modeste, auquel le gouvernement n’a fait aucune commande : IM. T.. Garnercy est le seul de nos peintres de marine qui nous ail donné des portraits de vaisseaux : il est fâcheux qu’il ne lui ait pas été permis tl’exposer plusieurs combats mémorables de la dernière guerre, par la raison qu’ils ont été rendus sous un pavillon dont les couleurs glorieuses étaient alors celles de la l' rance.
.le ne .sais pourcpioi on a omis, sur le livret, l’indication d’un tableau de Sahinus, par M. Giroust; j’ai cru remarquer dans cette composition quelques parties d’un talent distingué; de l’expression dans les figures, de la .sagesse dans l’ordonnance, et du
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charme clans la couleur : d'assez {jraves incorreclions dans le dessin sont rachetées par des beautés d’expression qu’on ne trouve pas toujours dans des ouvrajTcs d’un ordre plus élevé.
M. Duvivier, eu prenant son sujet dans le roman des Martyrs, de M. de Chateaubriand, n’a point, à l’exemple de plusieurs de ses confrères, affligé nos yeux du spectacle de ces supplices auxquels un ange préside uuc palme à la main ; il n’y a point de lion , il n’y a point de bourreaux dans cette simple et touchante conqiosition. Cymodoccc quitte son père endormi pour aller partager le sort de son époux, 'l'ous les sentiments qui agitent en ce moment la tendre compagne d’Eudore , sont exprimés avec une énergie exempte de toute exagération. Peutêtre le pinceau de M. Duvivier manque-t-il de souplesse; quelques effets de lumière ne sont pas étudiés sur la nature ; mais ce tableau n’en est pas moins l’ouvrâge d’un homme de talent qui n’a point encore donné toute la mesure des succès auxquels il peut prétendre.
Je ne sais pas s’il y a un grand mérite d’exécution dans ce petit tableau qui représente un corbillard entrant au cimetière du Père-La-Chaise; je ne sais pas si la couleur n’en est pas un peu terne, si le dessin en est bien correct; mais je sais que je ne vais jamais au Salon sans le revoir. C'est qu’il y a une
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pensée dans ce tableau ; cet homme vivait il y a deux jours ; ses parents, scs amis, se pressaient autour de son lit de mort; un notaire a reçu ses dernières volontés, il a fait le partage du peu de bien (pi’il avait; qu'importe maintenant qu’il respire encore, il a déjà cessé de vivre ; une main mercenaire lui ferme enfin les yeux et le dépose sur le char funèbre qui le conduit à son dernier gîte. Quoi! pas un parent, pas un ami n’accompagne ses restes! — Pas un homme, dites donc; mais son ami, le voilà; son chien compose tout le cortège; regardez ce pauvre harbet , couvert de boue, l'oreille basse; il suit son bienfaiteur, il ne l’abandonnera pas, et demain vous le trouverez hurlant sur sa tombe, et grattant la terre qui couvrira sou cercueil.
Le Salon de i8iy a reçu les ouvrages de cinq cents peintres, parmi lesquels on compte quatrevingts femmes; plusieurs ont déjà acquis nue juste célébrité, et de plus jeunes talents s’élèvent à cété de ceux qui fleurissent. Forcé par le temps et l’espace de ne citer qu’un petit nombre d’ouvrages exécutés par des femmes , je me reprocherais pourtant de garderie silence sur la Clolildc de mademoiselle Lafoud : la couleur de ce tableau n’est pas vigoureuse, les figures de femmes dont il .se compose ne sont pas exemptes de recherche, mais l’expression de Clotilde est touchante; ses compagnes sont
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belles; il y a de la variété dans leur pose, de la jjrace dans leurs attitudes, et je ne sais quelle douleur prophétique dans risoleinent de cette jeune femme aux vêtements bleus, qu’on ne voit que de profil. Si l’on donnait cette année un prix au meilleur tableau de nos peintres féminins, celui de mademoiselle Ijafond mériterait de concourir.
Mademoiselle Rrney continue à réaliser les espérances qu’elle a données en 1 8 1 7 ; /a petite fille tenant une ijruppe de raisin, est très a(;réablemeut peinte.
Maljjréla timidité bien naturelle de son pinceau, et le choix assczmalhenreuxde ses modèles, mademoiselle Ilcve.st me semble mériter plus que des encouragements pour sa Toilette de Psyché. On doit attendre beaucoup du talent d’une jeune jiersouue de vingt ans, n’eût-clle peint que la jolie figure de la femme qui verse des parfums sur le feu du trépied.
I.,es miniatures semblent plus particulièrement du domaine de ces artistes aimables, que la nature n’a point destinés aux grands travaux de la peinture; aussi la concurrence entre les deux sexes estelle plus grande dans ce genre que dans les autres ; et si les maîtres de l’école dont M. Isabey est le chef, si MM. Saint, Augustin, Aubry, Jacques, et quelques antres, y conservent leur supériorité mas-
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cnlinc, plusieurs clames souticmieiil houorablciuent la comparaison.
Les portraits sur émail, de madame .lacpiotot , doivent ajouter encore à la réputation quelle .s’est acquise dans un genre au-dessus duquel cette dame s’est élevée dans ses copies des deux tableaux de Raphaël, la Vienje aux œillets et la Vierge au poisson.
Les miniatures de mademoiselle Inès Lsménard sont quelquefois de jolis tableaux; tel est celui de mademoiselle Mars dans le rôle d’Agnès, et celui de mademoiselle Duebesnois dans le i-ôle d’Électro : cette jeune personne, depuis la dernière exposition, a fait des progrès qui la classent, bonorablement parmi les peintres en miniature.
Le portrait en pied de mademoiselle Volnais, celui d’une jeune fille en blanc, ont cjiielque cbo.se du faire gracieux d’Isabey^ il est faeile de voir que mademoiselle Varlet est élève de ce peintre célèbre.
On reconnaît également dans quelques jolies miniatures de mademoiselle de La Flotte les leçons de M. Saint
Je serais étonné si le très jeune auteur(M. Passot) du portrait d’une jeune fille couronnée de roses, ne prenait pas rang au proebain Salon parmi nos meilleurs peintres de miniature.
Si des miniatures je passe aux dessins colorié.s..
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les [)oi’lraits lu’assicjjcut; je ne j)arlerai que de ceux de M. fJamerey, pareeque sa manière est à lui; il y a quelque chose de vaporeux dans sa touche, quelque chose de singulier dans les habitudes du corps, dans les airs de tète des jirincesses et des princes allemands, dont il a exposé les portraits ; tout cela m’a paru étrange, ce n’est peut-être qu’étranger.
Le Sainl-Jmn-Baplhle prêchant dans le désert, de M. Auger, est ce que j ai vu de plus remarquahle en dessin, dans cette exposition : à la belle ordonnance de la scene, à la disposition des groupes, à la variété des caractères de tète, à la richesse des détails , on reconnaît un élève distingué de David, .le suis fâché, pour cet artiste, qu’il n’ait point exposé au Salon un très beau portrait deM. Delvincourt; les élèves de l’école de droit eux-mêmes l’auraient admiré.
L’art nouveau de la lithographie fait d’incoticevables progrès; nos plus habiles dessinateurs ne dédaignent pas de prêter leurs crayons aux liugelmauu, aux Lasteyrie, aux .Jacob; il est peu d’inventions jilus propres à répandre le goût des arts, et par cela même plus digues d’encouragement.
Si le besoin , plus que le goût, est le père de cette foule importune de portraits qui assiègent toutes les salles et mendient tous les regards; si le talent de
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nos peintres est réduit à spéculer sur les travers du plus risible amour-propre; à se faire une ressource de tant de femmes laides, vieilles, sèches ou mafflées; de tant d'hommes {jourmés, roides d orj»ueil et de broderies, bariolés de cordons; serait-ce ouvrir un mauvais avis que de conseiller à nos peintres de faire un appel à la reconnaissance nationale et au patriotisme des Français, pour l’exécution d’une galerie de portraits historiques, où leurs pinceaux retraceraient à la postérité l’image de tant d’illustres citoyens dont la sottise et la haine ont répudié la gloire contemporaine? Pourquoi Tune des salles de la Bourse ne serait-elle pas destinée à recevoir les portraits des Mirabeau, des Bailli, des La Fayette, des Desaix, des Montebello, de tous les hommes qui ont contribué par leur génie , par leurs travaux, par leurs services, à fonder parmi nous la liberté publique? Voilà les traits que doivent immortaliser les pinceaux du peintre de Léonidas et de ses illustres élèves : ces portraits-là sont encore de l’bistoire.
Tont a étédit surles tableaux de fleurs et de fruits; la nature seule peut aller au-delà des Bedouté, des Vandael , des Van-Spacndonck, des Van-Os; et madame Decaux , née Milet de Mureau , mérite d’être citée après ces grands modèles. Mademoiselle Riché et madame Deharine ont rivalisé de fraîcheur et de
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yrace dans les jolis tableaux de fleurs quelles ont exposés ; celte dernière nous apprend qu’elle a voulu exprimer, dans un tableau allégorique, la reconnaissance du peuple français pour te gouvemetnenl de sa majesté; je ne vois pas coinnicnt on exprime ces choses-là avec des roses, des tulipes, des pivoines , des lys et des tournesols.
IjCs yeux fatigués de portraits, de fleurs, de paysages, je serais sorti de la galerie d’Apollon sans remarquer deux oiseaux étrangers, perchés dans un coin, si la beauté de leur plumage, la variété de leurs couleurs, n’eussent arreté mes regards; c’est, je crois, la première fois (ju’on a brodé d’après nature; cet heureux essai mérite d’être encouragé, et prouve que mademoiselle de Saint-Auge manie également bien le crayon et l'aiguille : il est doux d’avoir à signaler honorablement, dans les arts, un nom que le traducteur d’Ovide a consacre dans la littérature. Une collection d’oiseaux ainsi brodés serait d'autant plus précieuse , que le mérite de ce travail est de rendre mieux que la peinture le reflet du plumage , et de conserver aux plus brillantes couleurs un éclat que le pinceau imite, mais que le temps finit toujours par altérer.
Il me reste à parler du tableau de M. Girodet dont l’apparition tardive occupe en ce moment tous les yeux et tous les esprits de la capitale. Mais
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j’éprouve en outre le besoin de le revoiuiplusieurs fois, et d’oublier, pour en parler sans préventions, les monstrueux éloges dont il a eu le inalbeiir d’être l’objet : ce tableau de Pyginalion et Galalée me fournira d’ailleurs une transition toute naturelle à l’examen des morceaux de sculpture par lequel je terminerai cette revue critique de l’exposition de 1819.
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