‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Mélanges. Tome 2Chapitre 25 sur 67 · LA JEUNE DRUIDESSE · texte numérisé non relu

LA JEUNE DRUIDESSE

Jtune 611e de Corm~Lumba, comment dire ta beauU^? qnelle pure mélodie anime tes ac> cents! Tes sourcils légèrement dessinés et ta longue cberelure rappellent 1a couleur de l'é> bèoe; tes joues ressemblent au fruit du frêne des montagnes; les perles de ta bouche sont d’uoe blancheur éblouissante; deui globes d’anionr sVlévent de ton sein, comme deux collines parées de leurs draperies de neige.

OsstiN, r Incendie.

Une jeune druidesse, le front ceint de guy de chêne, l’œil ardent et la tête levée vers le ciel, comme pour y chercher des inspirations, frappe de ses doitgs doucement arrondis, la harpe celtique. Telles les vierges d’Érin, cachées dans un épais bocage, telles les Selma et les Roscrana, dont Ossian nous fait de si touchantes peintures, laissaient errer leurs mains d’albâtre sur les cordes plaintives. Non, les prophétesses du septentrion, les Visinda- Kona, dont le vêtement noir étincelait d’étoiles, et dont l’écharpe azurée brillait de figures mystérieuses; non, les fées de la Germanie et des Scandinaves n’offraient pas aux regards humains une vision plus enchanteresse.

BEAUX-AUTS.

Elle est digne, cette charmante fille des Bardes, du culte pieux que les Gaulois ont voué à son sexe, .le trouve, dans ses traits et dans sa pose, ce quelque chose de divin dont parle Tacite. Mais quel est le chant que sa voix a commencé et qui se mêle au frémissement harmonieux de sa harpe? Elle a oublié le soin de sa parure ; ses longues tresses noires flottent et retombent sur ses épaules nues. L’éclair de ses regards est voilé de tristesse. Belle prêtresse des Gaules, j’entends les sons de cette voix harmonieuse, qui s’échappent, plus purs que le souffle matinal , de tes léyres aussi fraîches que la rose des bois.

« Où sont-ils les enfants de la patrie? Forêts, voi- « lez-moi de vos ombres saintes! Andarté, déesse de « la victoire , a fui des bataillons gaulois.

«O {)atrie! l’étranger a posé le pied sur la terre « des héros; les enfants de la Gaule se sont élancés « contre leurs innombrables ennemi.s. Le soleil qui « va s’éteindre dans les nuages pourprés de l’occi- « dent renaîtra demain ; ils ne reviendront plus.

« Ils ne reviendront plus , et leur sang n’a point « racheté la Gaule; l’ennemi foule déjà les bruyères “à fleurs d’or, qui s’enlaçaient à nos tresses flottan- ■■tes. O champs paternels! doux rivages! fontaines «limpides! terre .sacrée qui nous vis naître! tom- ■■ beaux de nos pères! berceaux de nos enfants! nous « n’avons pu vous défendre!

Digilized

SALON o’hORACE VERNET. 189

«Chênes de la vieille patrie! demeures fnysté- « rieuses des fées, répoudez par un augure! dévoi- « lez-moi l’avenir!... Une flamme prophétique étin- « celle dans les bois....

« Peuple vengeur , croissez en silence!.... Comme « la mer augmente à chaque moment ses vagues qui doivent envahir le rivage, Gaulois, amassez dans O votre sein les flots terribles de votre courroux ! « enfants de nos enfants , ressaisissez la liberté ; re- « trouvez la gloire; lavez nos affronts; vengez- • nous ! «

igo

KEAUX-ARTS.

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