MARINE GRECQUE
Si Aih^oet est détruite , si la Grèce est envahie , il uous reste une patrie errante et sûre: ce sont nos vaisscaui.
7'/</7msti>rIr» dans PLrTAAQim, p. 117.
Tîicn des souvenirs se réveillent, bien des espérances saisissent le cœur à l'aspect de ces barques levantines, de ces matelots de l’Arcbipel, dont les traits , fortement dessinés , conservent encore la trace des antiques modèles! Une servitude de plus de trois siècles n’a donc pu étouffer entièrement , dans ce peuple, le sentiment de sa vieille jrloirc et cet amour ardent de la patrie, source de tant d’Iiéro'isme et de grandeur.
UntcndeA an loin sur ces mers , redevenues libres , le retentissement de ces bronzes iiomicidcs qui servent de dernière raison à la liberté, comme à la tyrannie. Les esclaves ont relevé leurs fronts de* la poussière, et font trembler leurs oppresseurs. Les ombres liéro'iques des grands hommes semblent sortir de leurs monuments oubliés, et rappeler encore la victoire sous les étendards de la patrie.
Détroit des Thermopyles, Marathon, Snlainiue,
lyG HEAUX-AlîTS.
tliL-âtres sacrés des grands exploits , des triomphes de la vertu républicaine, vous serez encore témoins des actions généreuses, des faits héroïques : l’histoire vous redemande ; vous lui fournirez encore des souvenirs pleins de gloire ; vous serez de nouveau consacrés dans la mémoire des hommes libres.
Tandis que l'Europe, qui vous doit scs lumières et les inspirations du génie des arts , vous abandonne à la fortune; taudis qu’une froide politique balance, dans ses arides calculs, les profits et les risques de l’avenir; taudis qu’elle hésite entre les droits naturels des peuples et la légitimité de la barbarie, valeureux Hellènes, vous formez vos phalanges, vous armez vos vaisseaux, vous placez votre inde’pcndance et votre liberté sous la sainte protection des lois. Puissiez-vous ne devoir qu’à vous seuls l’affrancbisscment de vos cités ! Gardez-vous de l’étranger! Scs promesses sont des pièges, ses secours sont perfides ; la honte et l’oppression accompagnent ses drapeaux.
Mais, pendant que nous écrivons ces ligues, des chants de victoire retentissent de l’Hcllespont à la mel' d’Ionie. L’orgueil ottoman est humilié! Deux fois scs Hottes ont été battues ; deux fois le pavillon hellène .s’e.st élevé en triomphe sur le Croi.ssant, et c’est une marine encore dans l’enfance qui a opéré ces prodiges. Ainsi, la Grèce confie, une seconde fois , à scs vaisseaux le dépôt de scs libertés.
SALON DIIOIIACE VERNKT.
lÆ TAULKAU.
Un bâtiment turc vient d’échouer sur ces côtes, qui virent jadis le roi des rois, Xercès, s’embarquer , seul et fugitif, dans une nacelle , et payer , de tant d’humiliation, son immense orgueil. La chaloupe turque regagne l’escadre que l’on aperçoit dans le lointain. La foudre sillonne les nuées grisâtres, et une teinte pâle et blafarde régne sur l’Océan et dans le ciel. Les Grecs accourus sur le rivage, et reconnaissables à la singularité de leurs riches vêtements, brûlent le navire ottoman, dont la masse bizarre s’entoure déjà de fumée; d’autres amènent et pointent une petite pièce de canon, qui peut-être va couler de son premier boulet la chaloupe qui s’éloigne.
Ou en voit qui , les pieds dans l eau, couchent en joue la barque turque; d’autres, montés sur des rochers, amorcent et vont tirer, l’oute la .scène est pleine d’activité et de vie.
I/es figures sont très petites, et la dimension du tableau eût à peine laissé croire à la pos.sibilité de leur donner le mouvement et l’expression qui doivent les caractériser.
L’effet d’orage, si piquant et si neuf, prouve que l’artiste observe habilement et saisit la nature jusque dans ses moindres caprices.
IIKAI'X-AIITS.
l]NE ODALISQUE
TENANT UN SAISLIEH.