UN CAPUCIN
KN MKIHTATION DKVANT UN POIUNAHf).
Si mi chrétien olfeiiite un inHiléle, quelle eut la coiifolaiion de rofTtaié? La Veii' Qeance. S’il e»i offense par le mécréant , qiielle est sa palcDÔire? La Vengeatu e. Mou htimilité, ma charité, uiou }>ardon, mon évangilp, le voici : la Vengeance!
SHAKF.spEARe, Shylock , fttitlS U Marrhatul f'èniUen.
Quel est ce moine enflammé de fanatisme r* quel iisajjc a-t-il fait ou va-t-il faire de ce poijruard sur lequel toute sa pensée est fixée? I?st-ce Jacques Clément méditant son réfjicide? ou plutôt n’cst-ce pas un de ces moines espagnols, dont le lâche patriotisme s’armait naguère du poignard, et assassinait pieusement l’ennemi qu’il n’eiât osé regarder en face ?
Voilà, voilà l’effet de tes charitables avis, sublime législateur des chrétiens! Tu recommandais la paix et la bienfaisance; tu offrais le ciel en récompense de l’humanité ; tu avais le sang en horreur : des monstres ont dénaturé ta charte religieuse, destinée à faire de tous les peuples un peuple de frères; ils
2lS ItEAt;X-AUT,S.
ont substitué à tes douces maximes des sentences de mort, des cris d’extermination.
C est en ton nom, c’est la croix à la main , que tes indignes disciples ont ensanglanté le monde, et se sont livrés <à tous les excès des passions, sans pouvoir jamais les rassasier!
C'est eu ton nom, que les flammes des bûchers ont dévoré tant d'innocentes victimes; que les familles ont été dispersées; que le pouvoir s'est souillé de crimes, et qu’infidèles à tes saintes doctrines qui condamnent tous leurs forfaits, des prêtres ont absous l<! parjure et sanctifié la trahison!
Ah! (|uc tes principes soient enfin connus et suivis! Que ton évanjjile devienne la loi religieuse des peuples! (^ue l’intolérance, la siqicrstitiou, le fanatisme, n’épouvantent plus la terre! Que ce moine méditant sur un poijpiard nous inspire toute l’horreur qu il mérite, et nous verrons luire enfin quelques jours de bonheur et de liberté!
U-: TAIILEAC.
Une chemise trempée de sang est suspendue à la muraille; le caveau est sombre; la voûte est basse.; le peu d'architecture que l’on aperçoit est gothique.
Fi’homme qui s’est vengé est à genoux : il médite. Ses cheveux dressés, .ses yeux fixes, sa figure contractée, font frémir. 11 compte les blessures; il re-
SALON n’ilOHACK VEIINET. 2 1 y
voit le cadavre; il entend les cris de sa victime; il est satisfait; il leinercie Dieu.
.Son imagination n’a pas besoin de le porter bien loin de ce caveau. Vous voyez cette terre remuée fraîcbement ; c'est là que le corps vient d'être enseveli. C'est devant cet autel que l’assassin s'agenouille : son idole est son poignard.
Le moine achève sa prière ; bientôt il va se lever ; il va cacher ce poignard sanglant sous son habit monacal, entrer dans quelque maison où loge un Français, demander l’aumône, et frapper renuemi qui lui présentera la piécetle. Il attendra le soir pour emporter lui-même le cadavre, le dépouiller, l enterrer, et prier Dieu pour son aine.
L’exécution dans ce tableau n est pas au-dessous de la pensée: nous n'en ferons pas un autre éloge.
IlEAL'X-AItTS.
l.’ATEMEli