CHAPITRE XI
ïronograpiiic. — Dccomcite de M. ncdojiié.
Ce n’est point en sa qualité du plus grand peintre de fleurs connu en Europe, que M. lledmté expose au concours des produits de l’industrie nationale, quelques uns de ses admirables ouvrages iconographiques; son but est de prendre acte, comme artiste et comme Français, de l’invention qui lui appartient, de l’art d’imprimer en couleur par le moyen d’une seule planche. La priorité de cette découverte, dont la piraterie étrangère cherche à s’emparer, lui est acquise d’une manière incontestable. Sou iconographie des plantes grasses , imprimée d’après son procédé, date de 1 796. A-peuprès à la même époque, .lamirct et Duruisscau tentèrent un autre moyen : celui-ci fut abandonné presque aussitôt , pour la manière de M. Redouté, qui fut dès-lors exclusivement adoptée.
Le genre de gravure en couleur était long-temps resté dans une triste imperfection. Plusieurs plan-
c-lics successivement appliquées, des appareils difficiles et dispendieux, des combinaisons decouleui’s souvent fausses, avaient discrédité ce genre, où les Allemands et les Suisses étaient cependant parvenus à réussir jusqu’à un certain point; la découverte de M. Redouté vient aplanir tous les obstacles.
Comme tous les hommes d’un talent supérieur, ce célèbre iconographe joint à l’amour des arts ce patriotisme zélé qui ne néglige aucun effort, qui n’épargne aucun sacrifice pour obtenir des succès , dont la récompense la plus précieuse est pour lui dans l’estime de scs concitoyens et dans la gloire qui doit en rejaillir sur sa patrie.
En admirant les ouvrages de M. Redouté, il est permis de croire que tous les arts ont leurs limites , et que, dans celui qu’il cultive, la perfection ne peut aller au-delà de ses liliacées et de ses /-oses; celte dernière collection, qui l’emporte sur l’autre par le charme des couleurs, suffirait pour assurer à notre école iconographique la supériorité que scs autres ouvrages lui ont acquise.
INDLSTIllE.