CHAPITRE XXVI
Proçrèf dn arts méuliurçiques. — Manufactures d'Emphi, de Romïily, etc.
Iæ progrès des arts luélallurgiques est trop sensible dans cette exposition , et je retrouve sous mes yeux trop de preuves de leur état florissant, pour que je ne consacre pas quelques lignes de plus à cette branche-mère de l'industrie nationale, dont j'ai eu l'occasion de parler plus haut.
On ne saurait trop apprécier les efforts de nos maîtres de forges pour nous soustraire aux tributs que nous payons encore à l'etranger, comme on ne
' Nous devons à une lettre de M. Janvier, qui a lui-nièroc pu* blié un traité complet sur rhorloQcric, et dont le nom est si rc* cornmandabic, les particularités et la rectifications de plusieurs erreurs qui nous étaient écliappccs dans le cours de cet article.
saurait trop encourager les mécaniciens agronomes qui s'attachent, comme ceux dont j'ai parlé dans le chapitre précédent, à perfectionner les instruments nécessaires au premier des arts.
Parmi les maîtres de forges les plus recommandables par leurs utiles travaux, je dois citer MM. Couteaux frères, dans le département du Bas-Rhin; M. Bochet , dans celui de la Côte-d’Or; M. Falatieu , dans la Haute-Saône. Il existe à Saint-Étienne une importante fabrique d'acier; le département de la Nièvre en possède plusieurs: dans le midi de la France nous trouvons celle de MM. Gairigou, établie aux portes de Toulouse; et plus loin, dans le département de l’Arriège, M. BaJJié vientdefouder à Foix un établissement de la plus haute importance, pour la fabrication des faulx et des limes. Plusieurs rapports du comité con.sultatif attestent l’excellcnce de ces produits; mais de pareilles entreprises, qui n’ont pour but que l’intérêt général, ne peuvent prospérer sans l’appui du gouvernement, qui leur doit appui, encouragement et protection.
Les divers produits en cuivre de la manufacture d'Emphi, département de la Nièvre, méritent les plus grands éloges, et annoncent une grande perfection de travail.
Je n’ai pas vu sans étonnement deux planches en cuivre de l’établissement de Romilly; ces planches portent douze pieds six pouces .sur six pieds six
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pouces, mesure extraordinaire à laquelle on n'avait
pas encore atteint.
Parmi les tôles de fer, on a remarqué celles du Pont-Saint-Oure de la Nièvre, appartenant à M. Fougues, dont la dimension et la beauté surpassent tout ce qu’on a vu jusqu'ici.
La fabrique d’acier de M. Mitleret, dont les procédés ont été établis par M. Bonnier, dans le département de la Loire, paraît avoir fourni les produits les plus beaux et les plus complets.
Les limes de MM. Sainl-Bris, Deguenne, Monl- Mourreau, et Buffié, sont d’une exécution assez parfaite pour nous donner la certitude que bientôt nous n'aurons plus, dans ce genre, rien à demander a l’étranger.
Les fils métalliques de toutes grosseurs, que j’ai soigneusement examines, prouvent que nos tréfileries sont portées à une très grande perfection. Une pièce de fil-de-fer à l’usage des fabricants de cardes , et que l’on avait mise sous verre pour mieux fixer l’attention, était indiquée par le tréfileur, M. Moucliel fils (de l’Aiglel, eomme ayant trois lieues de longueur sous un poids qui n’excédait pas un kilogramme. C’est, je crois, de la même fabrique que sortait ce fil d’acier de seize millimètres de diamètre, également tiré à la filière, sans morsures, et ces cordes métalliques à l’usage des facteurs d’instruments de musique. On ne saurait trop eu-
INDUSTHIE.
courager ce dernier genre d'industrie, dans lequel la France reconnaît encore des maîtres étrangers.
Plusieurs objets de serrurerie, c.\écutés dans le département de la Somme, et particulièrement les cylindres cannelés de la fabrique de M. Rivery, sont également remarquables par leur exécution, et parccqu’ils ont été fabriqués d’après le nouveau système de M. Dufaud, ancien élève de l’école Polytechnique, avec des fers indigènes de Grossouvre, lesquels, au dire des fabricants du pays d’Escarbotin, sont les seuls qui réunissent les qualités nécessaires à la fabrication de ces ouvrages.