‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Mélanges. Tome 2Chapitre 63 sur 67 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Orfèvrerie.

La supériorité des Anglais dans les ouvrages argentés, dorés, plaqués et doublés, fut long-temps incontestable, et c’est encore une des branches où l’industrie française est parvenue, pendant cette période maudite de la révolution, à égaler, si ce n’est à surpasser, l'industrie de nos voisins d’outremer: je crois pouvoir afhrmer qu’en Angleterre il ne se fabrique rien de plus solide et de plus beau

I^UU8TnlE.

que les plaqués d'arpent de MM. Châtelain, et les vaisselles doublées d'or et d'arpent de M. Toui rol.

Parmi les nombreuses manufactures en plaqué d’or et d’arpent, celle de la rue de Popincourtest une des plus remarquables pour la variété des objets; elle appartient à M. François Levrat, à qui fut adjupé, en i8i I , leprand prixd’cncourapcment. Sa vaisselle SC vend au prix de quinze francs le mare, plaqué au di.xième, et de vinpt-un francs, plaqué au cinquième.

MM. Jeanelty et Chatenay, rue du Colombier, ont, les premiers, je crois, fabriqué avec le platine, cassolettes, des boîtes, des couteaux, des cuilrers, et des fourebettes, qui, nialpré la dureté réfractaire de ce métal, ont reçu les formes les plus élépantes.

A cette exposition, comme dans les précédentes, les jilus riches et les plus beaux produits de l’orfèvrerie française sont sortis de la fabrique de M. Odiot.

Ce qui passait tout le reste en mapnificencc , c’est le riche .service en vermeil commandé par M. Demidoff, dont le prix est porté à 1.10,000 fr. Ce service est composé de 60 pièces ornées de basreliefs d’un poftt exquis, représentant des baecbanales et autres scènes analopues à la joie des festins. Les vases qui comportent cepenre d’ornement sont supportés par des fipures d’un dessin et d’un travail

INDUSTRIE

adievés , parmi lesquelles on remarque une Gérés eouronnée d’épis ; un Baechiis couvert de la peau d’une panlbère; et un faune vêtu d’une tunique légère, et tenant à la main une couronne de fleurs. Je ne pense pas que l’art de l’orfèvre ait encore rien produit, je ne dis pas de plus magnifique, mais d’un luxe d’aussi bon goût et d’une exécution aussi parfaite.

Page 1