PLUS DE POLITIQUE
Ma mie, ô vous que j’adore.
Mais qui vous plaignez toujours Que mon pays ait encore Trop de part à mes amours ;
Si la politique ennuie Même en frondant les abus ,
Rassurez-vous, ma mie ;
Je n’en parlerai plus.
Près de vous, j'en ai mémoire,
Donnant prise À mes rivaux ,
Des arts, enfants de la gloire,
Je racontais les travaux.
A notre France agrandie 11$ prodiguaient leurs tributs;
Rassurez-vous , ma mie ,
Je n’en parlerai plus.
Moi , peureux dont on sc raille , Après d'amoureux combats,
J’osais tous parler bataille ,
Et chanter nos fiers soldats.
Par eux la terre asservie Voyait tous ses rois vaincus.
Rassurez-vous , nia mie.
Je n'en parlerai plus.
Sans me lasser de vos chaînes ,
J’invoquais la liberté ;
Du nom de Rome et d'Athènes J’effrayais votre gaieté.
Quoique au fond je me défie De nos modernes Titus,
Rassurez-vous , ma mie ,
Je c'en parlerai plus.
La France, que rien n'égale ,
Et dont le monde est jaloux ,
Était la seule rivale
Qui fût à craindre pour vous.
Mais, las! j’ai pour ma patrie Fait trop de voeux superflus.
Rassurez-vous, ma mie.
Je n'en parlerai plus.
Oui , ma mie, il faut vous croire ;
Faisons-nous d'obscurs loisirs.
Sans plus songer à la gloire,
Dormons au sein des plaisirs.
Sous uue ligue ennemie.
Les Français sont abattus.
Rassurez-vous , ma mie ,
Je n’en parlerai plus.