‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Poésies légèresChapitre 28 sur 136 · PLUS DE POLITIQUE · texte numérisé non relu

PLUS DE POLITIQUE

Ma mie, ô vous que j’adore.

Mais qui vous plaignez toujours Que mon pays ait encore Trop de part à mes amours ;

Si la politique ennuie Même en frondant les abus ,

Rassurez-vous, ma mie ;

Je n’en parlerai plus.

Près de vous, j'en ai mémoire,

Donnant prise À mes rivaux ,

Des arts, enfants de la gloire,

Je racontais les travaux.

A notre France agrandie 11$ prodiguaient leurs tributs;

Rassurez-vous , ma mie ,

Je n’en parlerai plus.

Moi , peureux dont on sc raille , Après d'amoureux combats,

J’osais tous parler bataille ,

Et chanter nos fiers soldats.

Par eux la terre asservie Voyait tous ses rois vaincus.

Rassurez-vous , nia mie.

Je n'en parlerai plus.

Sans me lasser de vos chaînes ,

J’invoquais la liberté ;

Du nom de Rome et d'Athènes J’effrayais votre gaieté.

Quoique au fond je me défie De nos modernes Titus,

Rassurez-vous , ma mie ,

Je c'en parlerai plus.

La France, que rien n'égale ,

Et dont le monde est jaloux ,

Était la seule rivale

Qui fût à craindre pour vous.

Mais, las! j’ai pour ma patrie Fait trop de voeux superflus.

Rassurez-vous, ma mie.

Je n'en parlerai plus.

Oui , ma mie, il faut vous croire ;

Faisons-nous d'obscurs loisirs.

Sans plus songer à la gloire,

Dormons au sein des plaisirs.

Sous uue ligue ennemie.

Les Français sont abattus.

Rassurez-vous , ma mie ,

Je n’en parlerai plus.

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