‹ Œuvres complètes d'Étienne Jouy ... avec des éclaircissements et des notes. Tome 1 27 Poésies légèresChapitre 46 sur 136 · VOILA LE DIABLE A CONFESSER · texte numérisé non relu

VOILA LE DIABLE A CONFESSER

Dans ce inonde l’on ne fait guère Que des projets suivant son goût;

Le plaisir même est une affaire Dont on vient rarement à bout :

On entreprend avec délice.

Mais ce n’est tout de commencer;

Il faut encor que l’on finisse.

Voilà le diable à confesser.

Laure , qu’on cite pour modèle De sagesse et de sentiment,

Va serrer la chaîne éternelle Qui doit l’unir à son amant.

La belle se donne pour neuve;

Laure, c’est trop vous avancer:

L’instant vient d’en fournir la preuve , Voilà le diable à confesser.

D'un certain trésor qu’on s’arrache Le vieil Orgon est entiché;

D’une jeune beauté sans tache Avec l’hymen il fait marché.

Des fillettes il tient la perle;

Mais ce qui doit l’embarrasser,

C’est qu’il faut dénicher le merle , Voilà le diable à confesser.

Le gros Mondor charge sa table Des mets les plus délicieux,

Et les flots d'un vin délectable Y charment le goût et les yeux Notre homme aime la bonne chère, Il a de l'or à dépenser;

Mais, hélas! il faut qu'on digère, Voilà le diable à confesser.

Demain c’est la fête d'Annande; Elle exige un couplet galant;

Mais pour les choses de commande Je n’ai pas le moindre talent.

Ce maudit couplet m'embarrasse.

Et je voudrais m’en dispenser;

La dame veut qu’on le lui fasse, Voilà le diable à confesser.

Après une joyeuse vie,

Un beau malin on dit bonsoir;

Et, qu’on en ait on non l'envie, Monsieur le curé vient vous voir.

« A vos péchés, mon très cher frère, « Dans ce moment il faut penser;

« Dites-moi tout. » Hélas! mon père.

Voilà le diable à confesser.

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