ADIEUX A SOPHIE
ROMANCE. ( 1786
Air : O toi qui n'eus jamais dû naître.
O loi îjue j’aime avec ivresse.
Pour qui je voulais exister!
C'en est fait, l’illusion cesse, L’honneur parle, il faut te quitter.
Gloire frivole,
Trompeuse idole.
C'est au cœur à t’apprécier.
O ma Sophie !
Tu m’es ravie,
Et l’on me parle de laurier.
Mais déjà la barque fatale Sillonne l'humide élément,
Et loin de la rive natale
Les vents entraînent ton amant.
Il ne me reste ( Trésor funeste )
Du bonheur que le souvenir , L’horreur présente Qui me tourmente.
Et des larmes pour l’avenir.
ia8 POÉSIES LÉGÈRES.
Des mers la vaste solitude Nourrit et flatte ma douleur;
Seul avec mon inquiétude,
J’y retrouve toujours mon cœur.
Si la tempête Vient sur ma tête Balancer ses traits suspendus;
D’un regard ferme,
Je vois le terme
Des jours que tu n'embellis plus.
Adieu pour jamais, ma Sophie; Adieu sans espoir de retour.
Le rêve trop long de la vie Doit finir où finit l'amour.
De l’existence,
L’indifférence
Peut traîner le poids sans gémir;
J ai vu tes charmes ,
J’ai vu tes larmes ,
Je te perds, il faut bien mourir.
POÉSIES LÉGÈJIF.S.