ACTE III, SCÈNE VII
ALEMAR.
Tremble* de me laisser la vie; Tant qu’elle ne m’est pas ravie,
D’un triomphe insolent,
Esclaves d'Alinanzor, jouissez en tremblant.
( On remmène. ) CHOEUR.
FINALE
Un jour d’alègresse Vient réparer tous nos malheurs; L’honneur, la gloire, la tendresse, Enivrent tous les cœurs.
ALMANZOR
La mort planait sur cette enceinte :
Gonzalve a su tout ranimer.
NORAÏME.
Je puis donc me livrer sans crainte Au bonheur de t’aimer?
A LM A'NZO R , N O R A ï M E , à Gonzalve.
Je vous dois, j’aime à le redire,
Ses jours , j gloire , et mon bonheur.
GONZALV E.
Belle Noraïme , un sourire A payé ton libérateur.
ABUER AME.
A la fête de l’hymenée Consacrons nos brillants loisirs.
Et que cette heureuse journée Ramène ici tous les plaisirs.
ï86 LES ABENCERAGES.
CHOEUR GÉNÉRAL
Jour de triomphe et d'alégresse, Viens réparer tous nos malheurs ; Gloire, plaisirs, honneur, tendresse, Enivrez tous les cœurs.
( Divertissement final. )
FIN DU TROISIÈME ACTE
Jamais peut-être M. Chérubin! n’a déployé un talent plus mêle, une verve plus dramatique ctplussavante,quedansla composition de la musique des Abencerages : c’est dans cet ouvrage sur-tout, que ce grand musicien a su réunir, par une alliance qui lui appartient en propre, cette richesse d'harmonie dont l’école allemande est si fière, avec celte expression juste et fortement accentuée que la scène française exige.
Dans la partie des chœurs, objet de l’admiration générale, on distingua le chœur final du second acte, Grenade est libre; il excita des transports d’applaudissements: les deux grands airs d’Almanzor, Enfin j'ai vu naître l'aurore, et les Adieux à la patrie, furent regardés comme des modèles achevés du pathétique musical.
F je succès de cet ouvrage qui s’était accru d’acte en acte , se ralentit à la fin du troisième ; et nous trouvâmes un obstacle, là où nous comptions sur un moyen. Le combat singulier auquel se rattache l’intrigue, et qui forme le dénouement, amène une des situations les plus fortes qui soient au théâtre; mais cette situation, pour exciter tout l'intérêt dont je la crois encore susceptible, aurait eu besoin d’être exécutée par deux de ces gladiateurs du cirque qui excellent dans le maniement de la dague et du poignard.
Ce combat à outrance mis en action par des acteurs dont la fureur mesurée ne produit aucune illusion , dut paraître d'autant plus froid, que le chœur et l’orchestre se taisaient pendant que les héros en étaient aux mains.
Les représentations des Abcncerages ont achevé «le me
convaincre que le théâtre de l’Opéra devrait s’enrichir d’un corps de comparses, spécialement destiné à figurer dans les combats de toute espèce dont la représentation est si fréquente sur cette scène lyrique, et qui y sont beaucoup plus mal exécutés que sur les petits théâtres.
Après quinze ou vingt représentations on a jugé à propos de réduire l’opéra des Abencerages à deux actes: cette mutilation, que les Dayadcres et plusieurs autres ouvrages du répertoire ont subie, tient au système que l'on parait avoir adopté de raccourcir les opéra et d’alonger les ballets, système dont les suites infaillibles doivent amener la ruine de ce magnifique théâtre.
PÉLAGE
OPÉRA