SCÈNE II
FOLVILLE.
Oui, s’il m’était permis de m’en prévaloir. Examine un peu ma position. J’ai fait dans ma vie cinq ou six comédies plus ou moins tombées, dix x’oliimes de romans qui n’ont eu de réputation qu’à la foire de Leipsick et dans les Colonies. Je fuis donner une pièce sous le nom d'un sot , elle est prônée comme un prodijje. Amoureux un moment, sans trop savoir pourquoi, de la femme de Paris la plus riche en ridicules, je cède au désir de lui en donner unde plus, et je mets son nom à la tête d’un roman que je publie; on crie au chef-d’œuvre, et l’ouvrage, en six mois, esta la troisième édition; tu m'avoueras que c’est jouer de malheur.
FIRMIN
Vous n’aimez plus la dame, vous avez payé Beaufils; ma foi, monsieur, à votre place, je rentrerais dans mes propriétés.
F O LV I L L F
Cela ne peut se faire que de leur aveu : le moyen de l’obtenir?
FIRMIN
Le moyen?.... il s’agit de le chercher: quinze ou vingt mille livres de rente eu valent bien la peine.
F O LV I L L E
Mon oncle Folville m’aime déjà beaucoup , et s’il me voyait l’objet de la faveur publique, il est bien certain...
FIRMIN rêve pendant que Folville parle.
Voulez-vous me donner carte blanche, je m’engage à déterminer M. Beaufils et sa tendre future à résigner entre vos mains leurs prétentions littéraires?
i.)8 LK MARIAGE DE M. BEAI:FII,S.
FOLVILLE.
Oui , si tu peux eu venir ù bout sans rompre leur mariage, car j’y tiens beaucoup.