DE PONTÉCOULANT
J’aurais voulu placer votre nom à la tête d’une comédie qui eût subi l’épreuve du théâtre; la censure ne l’a point permis: c’est donc un ouvrage dramatique, privé de cette illusion de la scène, qui en fait le plus grand charme, dont je viens vous offrir rhommage.
L'extrême difficulté du genre, l'impôt tance du sujet, le temps et les soins que j’y ai consacrés, me portent à croire que cette production littéraire est la moins faible qui soit sortie de nia plume, et par cela même la plus digne de vous être dédiée. <
•Je ne profiterai pas de l'occasion qui m'est offerte, et que vous m’avez interdite, de faire ici l’éloge desjffrands talents et des hautes vertus dont vous avez multiplié les preuves dans la carrière orageuse et brillante que vous avez si noblement , parcourue ; mais vous me permettrez de me prévaloir d’une circonstance qui m’autorise à me vanter moi-même de l’amitié dont vous 7n honorez depuis trente ans. Elle a cotnmencé dans l’e.xil ou les malheurs nous ont réunis; elle est devenue mon asile dans les persécutions auxquelles je me suis trouvé en butte à une autre époque, et m’a constamment encouragé dans la carrière des armes , de l’administration, et des lettres , oit m 'ont successivenien t jeté les évènemen ts de m a vie.
Si cet ouvrage doit me .suivivre, j’aime à penser qu’il perpétuera le souvenir de mon tendre attachement et de ma reconnaissance.