LE COMTE, ERNESTINE
LE COMTE
Pour profiter du temps que ce monsieur nous laisse,
Je ne donnerai pas l’essor à ma tendresse;
Et sans vous exprimer, par des mots superflus.
Des sentiments très vifs, et qui vous sont connus.
Je dois, mademoiselle, à cet amour extrême,
A votre père, à vous, je me dois à moi-même.
De presser un hymen oh nous trouvons tous deux L’espoir d'un avenir infiniment heureux.
En N EST! XE.
Monsieur, vous m’aimez donc?
LE COMTE
Vous en doutez encore?
EHNESTINE.
Mais, ne m'ayant rien dit....
LE COMTE
Comment ! je vous adore;
Et c’est un tort peut-être entre gens comme il faut: L’amour est un excès, et l’excès un défaut.
On ne doit pas serrer le no;ud dont on se lie ;
Car c’est pour être heureux enfin qu’on se marie ;
Et quoi que nos penseurs en disent aujourd’hui.
Ce n’est jamais que soi qu’on aime dans autrui.
ERNESTINE
Sur votre attachement ce mot-là me rassure;
J’en voudrais cependant une preuve plus sûre: