CHAPITRE XXIII
De la puissance de la paresse.
LiKS peuples oiil4b à choisir entre la profisssîoii.de ?o« leur ou de cultivateur ; c'est la première qu'ils embrassent. Les bcHumes y en général , sont paresseux '; ils préféreront presque toujours les CitigoeSy la mort et les dangers , au travail de la culture. Mes exemples sont la grande nation des Malais , partie des Tartares el des Arabes, tous les habiuns du Taurus, du CiMicase, et des hautes montagnes de l'Asie.
Mais y dira-t-on y quel que soit Famour des bonunes pour Foisiveté , s'il est des peuples voleurs et redoutés conune plus aguerris et plus courag^x, n'est-il pas aussi des nations cultivatrices? Oui, parce que lexistence des peuples voleurs suppose celle des peuples riches et volables. Les premiers sont peu nombreux, parce qu'il faut beaucoup de moulons pour nourrir peu de loups , parce que des peuples voleurs habitent des montagnes stériles et inaccessibles , et ne peuvent que dans de semblables retraites résister à la puissance d'une nation nombreuse et cultivatrice. Or , s'il est vrai qu'en général les hommes soient pirates et voleurs ^ toutes les fois qii^ la position physique de leur pays leur permet de l'être impunément ^ l'amour du vol leur est donc naturel. Sur quoi cet amour est-il fondé? sur la paresse , c'est-à-dire , sur l'envie d'obtenir avec le moins de peine possible Tobjet de leurs désirs.
L'oisiveté est, dans les hommes, la cause sourde des plus grands effets. C'est faute de motifs assez puissans pour s'arracher à la paresse que la plupart des satrapes , aussi voleurs et plus oisifs que les Malais ^ sont encore plus ennuyés et plus malheureux*