‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 163 sur 203 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Les mêmes opinions paraissent vraies ou fausses , selon rintérêt qu'on a de les croire telles ou telles.

Tous les hommes conviennent de la vérité des propositions géométriques : serait-ce parce qu'elles sont démontrées? non , mais parce que, indifférensà leur fausseté ou à leur vérité , les hommes n'ont nul intérêt de prendre le faux pour le vrai. Leur suppose-t-on cet intérêt^ alors les propositions les plus évidemment démontrées leur paraîtront problématiques. Je me prouvverais , au besoin , que le conteiiu est plus grand que le contenant : c'est un fait dont quelques religions fournissent des exemples.

Qu'un théologien catholique se propose de prouver qu'il est des bâtons sans deux bouts ; rien pour lui dé plus facile. Il distinguera d'abord deux sortes de bâtons, les uns spirituels, les autres matériels. Il dissertera obscurément sur la nature des bâtons spirituels : il en Conclura que l'existence de ces bâtons est un mystère au-dessus et non contraire à la raison : alors cette proposition évidente (i), <y qu'il n'est point de bâton sans » deux bouts», deviendra problématique.

(i) Chacun parle d^évîdence ; et , puisque l'occasion s'en présente , |e tâcherai d'attacher une idée nette h ce mot. Évidence vient du mot latin videre , voir: Une tobe est pins

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