AMITIE
C'est pareillement de la sensibilité physique que découlent les larmes dont j'arrose l'urne de mon amî. La mort me l'a-t-elle enlevé : je regrette en lui Fhomme dont la conversation m'arrachait à l'ennui , à ce malaise de l'âme qui réellement est une peine physique : je pleure celui qui eût exposé sa vie et sa. fortune pour me soustraire à la mort et à la douleur , et qui, sans cesse occupé de ma félicité, voulait, par des plaisirs de toute espèce , donner sans cesse plus d'extensité à mon bonheur. Qu'on descende , qu'on fouille au fond de son âme , on n'aperçoit dans tous ces sentimens que les développèmens du plaisir et de la douleur physique. Que ne peut celte douleur! Par elle, le magis«. trat enchaîne le vice et désarme l'assassin.