‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 38 sur 203 · CHAPITRE Xni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xni

27e la manière différente de sentir, ,

Les fapmmes ont des goûts difierens ; mais ces go&ts peuvent être également l'effet , ou de leur habitude et dé leur e'ducation diverse, o« de Tinegale finesse de ]eur organisation. Que le nègre , par exemple, se sente plus de désir pour le teint noir d'une beauté africaine , que pour les lis et les roses de nos Européennes , c'est en lui l'effet dé rbabitude. Qne l'bomme, selon le pefys qu'il habite^ soit plus ou moins sensible à tel ou tel* geiire de musique^ et devienne en conséquence suseep-> tible de tdles ou telles impressioiHs j c'est ' encore un effet de l'habitude. Tous les goûts factices et produits par une éducation différente ne sont point ici* l'objet' de mon examen ; je n'y traiterai que de la différence des goûts occasionnés par la pure différence des scinsations reçties à la présence des mémies objets. . Pour savoir exactement quelle peut êt^ cette diffé-» rence, il faudrait avoir été successivement soi et les autres* Or^ on n'a jamais été que soi. Ce n'est donc qu'en considérant avec une très-grande attention les impressions diverses que les mêmes objets paraissent faire sur les différens hommes , qu'on peut parvenir à quelque découverte. S'examine-t*on soi-'-méme sur ce point? on sent que, si son voisin voyait carré ce^qu'oii ^ voit rond, si le lait paraissait blanc à l'un et rouge à l'autre, et qùfchfinxertainsbonmaesn'aperçussent qu'un chardon dans une rose, et que deux monstres dans une d'Egmont et une Forcalquier, il serait impossible que • les hommes pussent s'entendre et se communîduef leurs idées* Or, ils s'entendent et se les .conimuniquem : les

uiémes objets excitent donc en eux à peu près les mêmes impressions.

Pour jeter plus de darté sur cette ^ue^tion , voyons^ dans un même exemple , en quoi les fiommes diffèrent et se ressen^Ulent.

Ils se ressemblent tous en ce point : c'est que tous veikleni se soustraire a fetouîj q^ qu'en «««aéqAencé tous veulent ê&re ému»; c'€Sill< <)ae plu» ufie iiâppessîfon e^t vive y plus elle leuif esl agréable ^st cette îliipvesfiîoiir BeannKHns n'est p«» portée }tequ'»u terme dela-d^mlenr^ , IlsdilEèrènt enl ceci } c'est que le degré d'éopkHion que Fail regarde comm^ Texeès diii plaisir ^ e^t quelqoiefois» pour Fautif un commenoéâieitt de dotiléur^ L'oeil de itton ami peut être blessé du degré de lumière ^tii nl^est* agréable ^ et cependant Un et moi comemr tpe la lu-« mière est le plus bel oi^et de la adture^ Or^: d'où viéût^ oeite uniformité de jagement a¥ec; èette différence dacÉs 1» sbnàation? de œ que cette dtffévencè éai.pea co»-^ sidérable, et de ce qu'une vne^ tendre éprenne, dan^un plus faàbie degré de Imnîère y le même plaisir qu'uiict • vue forte ressent à la clarté d'un plnS' grand ^oor. Quei je passe du physique au moral ^. j'aperçois emeere moins de différence dans la manière dont les boiinÂes semt affectés des mêmes objets , et je retrouve en consé'*quence^ chez les Chinois (i), texis les pvc^erbes de notre Europe ; d'où je conclus que de légères diiâSérençes dans l'organisation des divers peuplea ne datvent étr4( comptées porar rien^ puisqu'en eomperam lés mémies objets, y tous les peuples pai^tieziiient au3E rnémeS' ré-^ sultats.

L'inv^ention des mêmes artS',. partout où Vqn a en les nsêmes besoins, où ees arist om été égalament encou-

(i) Dans tout ce qui n'a point un rapport immédiat et particulier aux mœurs et au gouvernement oriental, point de proverbes plus semblaUes ^e les provefl>és' alfeiu^cb et ckifiois. *

SECTION «, i]ft4^|?|lE XIlî. ïa5

^*®é8 par Is gQiilwro^wfPî, estime m^v^lh piWW de l^^lit^ ef^^^t^sllie (i^ ^spr^^. Paw cop^riaoer cette ^^ri0 , je fiQjiKr^îs wppr^ cu^T J^ r«i9^^mhbnce aperçue ^j^tfig le^ Im <W fc^ gQi^vçrpfwws d^ 4ivert peuples VA^/dit.9(ff Poivra > ip^^iip)^^ m grande partie p*r |e9 M«>bif , ^*t gom^mé^ ppr «o* «ocLennes )oi« fépi-

4filfs. l^ Sdf^îs, PPmp^e flQ^gpqétre*, à'eat point a^rî-

<p^ , imis jd 4 , epQii^e eu^ ^ la y^lear la pl^$ déten- WÎ^ (0 4?t )» plui^ léipéiPiiire* lie eaurag^ Q'e6t doQO point un eflFet p^rûeulier, de l'or ^m*liiiofa <9oropéeiinew 1^ h9i»tne$ sfw^ plm *e«Jbteb!ep ei^rç «ai qu'on ne

l'îiP^^e* &'ife diffèrent , ç e^i d*in$ 1^ rniawe de Jeurt fep)^ti(m», li<i poé^ , p^r e^mplê ; ffiit sur pr«sqaç

f0m W^ impr^$5iQ^ ;igréal)ile ; ahacui^ répîte 9vec un

v^iboin^î^mae preiquç égal ^çet hywne à la lumière, qui ^nMiepee le iroifième çh^t^ du P^rAdi# pendu. Mai9

«i^ mor^eeaa , adi^ir^ do tous » pl^it ^g^lement à tous «

«Vo^t que , peignant Jea migaifique^ e^l^ de 1^ la-^ n^îèf^ le ppèi» &è *ert du» toot ijui , ^exprimant au^ pu»» nmfHse da jo^r en part^ulier, permet k chacun de eotojrer te objel^ de U teinte de lumière la plu«

(x) «Si 1^ Hfala^y dix JH. Pt^ivi-^, fius^Ht ét4 plus voisins dç )a j» Chine, cet empir,e eikiété bieiflot conc[iiis, et la forme de son » gouvernement changée. Eien, dit cet auteur, n'égale l'amour des » Malais poiar le pillage ex la rapis^. » Mais sont-^ib lea seids p«i4pte>

«^l^cs ? Q«ii> Ij^ fW^t^Jr^ «J?»rç^»4 ^1 <^t a^iour di;i, vo^ est i»ajy hç]i;rçu$ei^fij;^t çoi^n^un a tous les hommes : il es% foi^dé sur leur paresse . Eu général , ils aiment mieux vivre de rapines , df incursion s , et s^xposer trois ou quatre mois de Tannée aux plus grands dangers , que d£f^9suiettip fm^iJi^v^vik j^um^ii^f» dp la Qultw%. Bf 9i# p9UrqM^ tous les peuples ne sont-ils pas voleurs ? c'est que pour voler il faut étr^ ^pyi'fûap^ dfi patipns volafeliçs p g'es^-dire , dç p(?uj>lç$ ^ffrigulffiurs ^ riçJk^ i feutç 4? 'ÎH^i, UU pçuplç p'a quç }e çtoiiç dç I^puiqt l>9 de n^purir 4)S ^in^.

Çî^qM^ paj^ ^ sus )f aJai^ : dan^ Jks pays çatJlioUques , le cjerge piÛç, (BQiçiiî>pjçu;c, }ç^ dîmç;s 4^5 W^ltes ^ e^ ce qvw? Iç Malais ^xéçute l^f viojei^e et p^ la force des ar^n^s , le pre " "' - i r.-co pt

la terreur panique.

126 BE l'homme.

agféable à ses yeux; Soit : mais cependant si la loniière ne faisait pas sur tous une impression vive et forte , serait-elle universellem^ent regardée comme l'objet le fins adimrable de la nature? Le tourbillon de feu oh presque toutes les nations ont placé le trône de la Divinité, ne prôuve-t-il pas l'uniformité d'iÀi pressions (i) reçues à la présence des mêmes objets? Sans cette unifornïité, que des philosophes peu eicacts ont prise pour la notion du beau et du bon absolu , sur quel fondement eût-on établi les règles du goût ?

Les simples et magnificpes tableaux de la nature frappent tous les hommes. Ces tableaux font41s sur ' chacun d'eux précisément la même impression ? non ; knals , comme l'expérience le prouve , une impression à peu près semblable. Aussi les objets extrêmement agréables aux uns sont-ils toujours plus ou moins agréables aux autres. En vain répéterait-on que l'uni-fôrmité d'impressions produites par la beauté des descriptions de la poésie, li'est qu'apparente; qu'elle est en partie l'effet de la signification incertaine dés^mots^ et d'un vague dans les expressions parfaitement correspondant aux diverses sensations éprouvées à l'aspect des mêmes objets. En admettant ce fait, il serait encore vrai qu'il est des ouvrages généralement estimés , et par conséquent des règles de goût dont l'observation produit sur tous la sensation du beau. Qu'on examine profondément cette question , et Ton apercevra , dans la manière différente dont les hommes sont affectés des mêmes objets, que cette différence d'impression

(i) Pour preuve de la différence des sensations éprouvées à la vue des mêmes objets , on cite l'exemple des peintres , qui donnent une temte de jaune ou de gris à toutes leurs figures : mais , si ce défaut dans leur coloris était l'effet d'un vice dans l'organe de leurs yeux , et cpi'ib vissent réellement du jaune et du gris dans tous ks objets , ils en véirraîent aussi dans le blanc de leur palette, et peindraient blanc, quoiqu'ils vissent gris.

appartient mcnns encore à leur physique qu'à leur moral.

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