‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 49 sur 203 · TOMB U · texte numérisé non relu

TOMB U

l62 DE L'ttOftfME.

dans leithML des ntàt^iianï letnploy es à la èômt^ncilon de l'univers.

Daits.ia lurtare ewiiète, Ttiâlès ne vit qtî'un seul éiéa»étl; ct^taii le fluide aqueHx. Prôtée^«e tfieu mâtin qui se olétAkiiof phoê^ en feu , eo arbre , eh âau , en witiMi^, ^laÂi VéùilÀém^ de sùn système. Heraclite reconnaisasât ce même Provée date V^Bietii de h lumière : il ne voy^il dfittis !a terre tja'tio gfôbe de feu rédak à JVtat àé &th^. Anaiimèùe (kisait de l'air an aglîDiindkéfinî; cëtait le ^ère 'commun de tdU6 les élcmens. L*air condensé formait les eaux ; Tair encore plus dense formait la terré. Cet<ait an^ différeos degrés de densilé des airs que tous les étré^ devaient lear eSristehéè. Ceut qui, d* aptes ces premiers philosoplies, se fri^èrA comme eux les architectes du palais du monde, et travaillèrent à sa consiructiof) , tombèrent-jd^s les mêmes erreurs. Descarte^ en est la preuve. C^est de Ani^ efr faits qu'on parvient aux grandes découvertes. II faWt s'avancer à la suite dé f expérience , et' jamais ne la ptéèéder.

L^mpatiett'Cenaltirelle à Tesprit humain, et surtout aux hommes de gcnie, ne s'accommode pas Jun^ inarchë si lente (t) , mais toujours si sure. Its veulent deviner çc que l'expérience seule peut leur février ;

(l) Loin Àe cokulBlliner fespKt de système, }e Tsâtu^rt àaps Us grands bommes. Gesi eux efiort» (mis pour décadré o(u«détrirSre eés systèmes , qu^oa doit sans doute une înAnité de découverts. .

Qu*on tente dotic d'expliquer, s^il est possible, par tin ssul principe , lèus les phénomènes physiques de la nature ^ niEiîs , toujours en garde oontre ces priwoipes *<(}uV)0 lè6 regarde simplement x^omwe une des oleft difi^rentés qu'on j>eu4 sneoesstveniènrt eiMiytr, daus Fesporr de trouver enfin celle qui doit ouvrir le Scooctuaire de m nature, iljue- surtout Voli ne-conionàe pdint ensemble les contes et les systèmes : ces derniers veulent être appuyés sur un grand nombre ^e faits. C« sont les settls qu'on puisse enseigner dans les técoles'pn' bliqucs , pourvu néanmoins qu'on n'en soutienne poial encore te ^^ nté cent ans après que l'expérience en a démontré la lau^S^-

tls oubltcipif que eW h la. foufaaassaufe^ d^W^ i^^iXli^ fait, dont pounr^îtepi le dédnirid ua^ii^ €^w 4^ }s^,P9fr iti»nS| «pâ'm atiMbe^e. b diéiç^iiyisnlie: i)u sj^tèm^.^^ mQnée^,^t (fm 42i'mXvtninf»emfini dp b»«»r4i de l'^niv- 4yse, fit ide robjwiwa^d^n qu'on fi«u( ;twir.(;^{»r^llûer 'Âitoa principe ^é^a}. v .,:.;.

^wwj Mopie 4e m^xéri^i^iF * il "6^ iw^pr^ Aîrer 4e» p**- ^ièfiè$ de r^xpmei^f:^ I U« e$^ ^mgp ^^vfy^. qu^^ tçMt emiers Àci» iràiviâlt (Pt trop J^eiwiff d^e ^tir delow jea JoÎD ipieiqueli pafiUaft dj^ l'.(wii6cer|)rpjeté^ J^^llir ]t)60pke^ > difmpl^ .fj*» *^wd«s 4e X^^^p,ç^,^^^^ «ciut que «ans <dle o^' ocre d^m. Jb pa^y^.d^s fim^fjf^^

^rreur^ doiit la r^^^emUa^pe pikxuve .à^i^foi^^tj^a gi^niène^rum&rine dpm M JbpRifW^ de t0U9.J^$ ^^!9^)^^ combiBésit le» menées obj^u^-eit Vé^h a£»tt^de ^P^s (OQtàrêspm. I .

COTfTDS «tKUOtïirX. 'fe *

Ces sortes de coMes^ maips 4t]iiti«firi»r^^^.,flFer iniersi mcnns i&géQÎein ^e des secDisid^^ çt -oepwdant ]^as respectés / ont ara»^ ks o^ttons te» um^ ic^Mp^^ik^ amreS) eut fait «^«aelerle sang iMma«i> e|,p0i4f$;)^ 4ë8olatioû dans l'unÎA^eitsi'&ous œ nomîié^ 9W^ f^^ Mgteusty je 'Comprends ^éné^ikomA toutf A ki^ )fai|«M!t» religions. /Elles ont toujours conservé entre elles là pki3 grande ressemblance. '^ \ - L -

* £lUre Jes diverse? 4^^s^3 jsiij^prelles pii pçpt en rapp€ip|^ l'invemion (i), ^e cLtcrai Je idiP^r de j WW^-

(x) Pourquoi, demandai t-ou à un certain oavdinid , lutiîl'flB.^Q^ tes tenups des puât^es , d^ religions et îles sovcm»? iG!i^a^, r^n- ^dit*^rl, qu'^n tous les temps il lut des abeîUe3 .Qt4e9-fi;^loM««d^ laborieut et dAi^Pftr^MMl^ des dupes «t.^fr^9inl«

1^4 DE t*]

làlité pour ht premièrfr; La pteuve, si Ton en croit Wari)tirton et ' qaekjaes ' outrée Mrvans , qae Dieu est l'auteur de la loi des Unis-, c*est, disent-Ua^ qu'il n'est question: dans la loi mosaïque ni des peines , ni des trompeuses de lauf re Vie , ni par conséquent de l'immortalité de rame. Or, ajoutentrils , si la religion jui?e était dHnstitutibn humaine |ies hommes- eussent fait de rame un être immortel : un intérêt vif et puissant les eàt port A à la croire telle (i); cet iiltérêt^ c'est leur horreur pool- la moit et l'anéantissement. Cette liorreur eût suffi, sans le secours de la réfélation, pour leur faire inventer^ ce dogme. L'homme veàt être immortel , et se croirait lel , si la dissolutiom de tous les corps qui l'environnent ne lui annonçait à chaque instant la vérité contraire. Forcé de céder à cette vérité, il n'en désire pas moins l'immortalité. La chaa- &ète du rajeudissèmetit d'Éson prouve l'ancienneté de ce désir. Pour le perpétuer, il fallait du moins le fonder sur quelque vraisemblance. A cet effet, l'on composa rame d'une matière extrêmement déliée; on en fit un atome indestructible , survivant à la dissolution des âiitres pâmes; enfin un principe de vie*.

Cet être ; sous le nom d^dme (a) , devait conserva aprèsila mort- tous les goûts dont il avait eié susceptible lors de son union avec le corps. Ce système imar giné, on douta d'autant moins de l'immortalité de son Aâie I que ni l'ei^pértencey ni l'observation ne pQWMt^^^

(i) Sans exammer a^il est de Tintérét public d^admettre )e dogme de rimmortalité de fâue, f observerai quW moins ce dogme n'a pal toujours été regardé politîqueroent tG&am utile. Il prit naissance dans IcB écoles de Raton ; et Ptolomée Philadelphe , coi d'Égyp^' le crut ii dangereux, qu*il défendit, sous peine de mort, de l'*i^' sei^fnor dans ses états.

(gf) Les sauvages ne refiisent TÀme à quoi que ce soit. Ss en donnent \ leurs lusils , à leurs èhaudières et li leurs briquets. ( Voj^' le père Hennepiii, f^oya^e dû la Louisimie, page 94* >

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SECTION «) CttAlifAE XX. lé$

contredire celte croyance : Fuife ei Tamlce qkHVW^nf point de prise sur im fttojtnia 4wpfr<>eplihlQv • Spa i^aû»^. teiice> à la ^rité^-Jù^taii p^f d^on^rëe; mf^is qu'^^-n t-on be^in de preiive pour croire, çe.i^ii'o^ 4ésire/ £t quelle démonstratiiH^ est jamais ^ssea^ cl^ife pour prouver. la fausseté fJ'uiie-opinîon qui xiom e&( chère? Il . est vrai .qu'on ne rencontrait pQin% d'âniçt on^ 90n cfaomin'; et c'est poù» rendre, raison ésk ce ^t. quelles hommes, après la création da# âicpes> a*ufaat A^Toir créer Je pays de leur habitation. Cluique nation^ et même chaque individu > selon ses ^ùfs et'la natur» particulière de.ses beso^/clBi ^oona.un plan pfrl;î^ culîér. Tantôt les peuples sauvages tixm^porlérent cétti habitation dans une foret vaste t^gibfiyeusQ^^.arrQsée de rivières poissonneuses; tantôt îla la pl^ççi^at dans un pays découvert y plat, abon4snt en p^turagjQs, au milieu duquel s'élevait uçe ffaîse, grosse, comme une montagne f dont on détachait des quartiers pour sa nour^ riture et celle de sa famîUe^ * ,

i Les peuples moins exposés aui, besoins de la faim , et d^ail leurs plus nombreux* et {dus inaUcruits , y rasfemblèrent tout ce que la nature a d'agréable , et lui donnèrent le nom^ à!$fysée. Les peuples, avares Je qaod^-* lèrent sur le jardin des Hespérides^ et y cultivèrent ^^s plants dont la tige dV>p port^itdes fruits de diamant. Lés nations plus voluptueuses y. firept croître 4^ arbres de sucre ^ et eyulér des fleuves.de lait; ils le peuplèrent en6n de houns. Chaque peuple fourni^ ainsi le^pays des âmes de ce^yi faisait sur \^ téi:re l'objet de ses désir^. L'imagination ^ dirigée .par des besoins et des ^pùcs divers, opéra partout de la même manière, et fut, en conséquence, peu v^riée.dansl'inventiM des rpligipns. Si Ton en. croit le président de Brosse, dans son excellente Uîstov^e - du fétichisme ^ ou du cuUe rendu Qux objets terrestres i le fétichisme fut noa-seulemept

i66 ^ M t'flowfiiE.

Ib prémïef e' dé» mKgtons^ mais son- cnlte , conxrré êaeotre^ânqéviMimi ÀgM pt^sque 4oute FAfrt^e, et stii*t<lut ^n Nigfilie , foi jaÂs le èâke universel (i)« On aâit/ ftJGUte^il, <|ue âstti» Us Piems Bérjb, c était Fénus Umme^ ^aê, dans lâ ibrét de Dddone, c'étaient tes <îbèrféB qm la Grècé^«K}4>faU. On gârtt ^le les dien ehieiitf ; €2lffts ^ érocodileâ, sefpens, él^phans,. lions, «•gté9| mOfN4ie#v singea, éio.> fiVAÎent d«sai»ieJs/JK>nj^uIeitàeiH M Egypte ^ maïs encore en Sf rî< » en. Pbé-* tticîe, etâifiS presque tonte T Asie. On sait onfin que Ï€9 ht^f JéÉ »rbr06^ la mer et le!^ rocher» informas/ étài^iit'pdi^illeinem foi^i Ae Tadloraition des peupla déf nsurope et de FAmérique^ Or tine dembkiUe uniformité dan^ le» premières religions , en proute une d'autant plus grande dans les écrits > qa'on retrouve en-^ «tyre^ celte même uniformité dans des religions on plus modernes , on moins grossières : telle était la religion celtique. Le mithra des Perses se trouve dans le dieu Tbor; FArimane, dans le loup Feuris'; F Apollon des Grec$, dans le Balder; la Yénns, dans la Fréa; et les Pan|fted, dans les trois soeurs , Urda, Yerandi, SkuUa. Ce!9 trois steurs sont assises 'à la source d'une fontaine dont lés eaut aiYosent une des racines du frêne fameut, nommé UdrasiL Son feuillage ombmge la terre , et sa cime ^ élevée au<tessus des cieiix , en ferme le dais.

Les fausses religions ont donc presque partout été les mêmes. D'oh natt cette uniformité '4de ce que les hommes, à peu pt<ès animés du même intérêt, ayant à peu pi^ès les mêmes objets à comparer entre eot, et le même instrument, o'est**à-dire^ le même esprit pour les conibiner, ont dii nécessairement arriver aux mêUieà ^ëstiltaft. C*eàt parce qu'en général tons sont

(x) Si catholique veut dire universel ^ c^est à tort qpe le papisme en prend le titre. La religion du fétlchîsrae et celle des païens ont été Jèïséuieii vraiment ca//loft^te<^y/' * '

SECTION U, ÇiÊAVIfWS, XX. iù^

orgneiUeqx, que» sans aucune révélation piM^ulîèrei par <9Qn$équent $aR& preuve t ton» reg^rd^nl rhomaiQ CQi^Qie l'uni^oe favori <ki'CÎeIy «icoturut^ r<4^'{n«in« ci pal de ses soins. Peu d'homme^ osent ^ diaprés uttccr'r tain moine , se répéter quelquefois :

Qu'est-ce qu'on capucin devant une planète ?

Faut^ily pour fonder sur de^ faits Torgueilleûse prétetition dç rbomme^ supposer ^ comme d^ûs certaines religions, qu'abandonnant le ciel pour la terre, la<liviuité^ $ous la forme d'un por^of) j 4 un 3erpea^^^d'iyi| homme, y venait jadis ^ en bonn^ forti^ne^ çpnwHner avec les mortels? Fa^t-il, nq^r preuve ^i^riniérel; qm le ciel prend aux habitaffs dç I? ten e » pu};)|ier 4^ livres, où, selon quelques imjpo^tçars» spn\ T?'*^^'*'?^®^ tous les préceptes ei les devQÎrsf que Piw pine^iorit.à îhomnn^? ,

Un tel livre, si Ion çn qroitles SfnsulmaQS^ cçw?posé daKfs le ciel, fqt apporté 3ur la tçrre par la^ge Gabriel , et remis par cet âhge à Mahomet. Son ;nQm est le Koran. Ouvre-t-pn ce livre?- il eçt sifisoepiible de mille Tnterp relations; il est ob^çur^ ininte|j[igiWe : et tel est Favçuglement bumain i qu'on reg^rdp encore comme divin ^ un Quvrs^ge cm Dieu est pçini.son^ ]|^ forme d'un tyiian; cTÙ'oe diçu est sans c«we oqçupQt punir ses ësdaves^ pour n'avoir pas compris V^nqpjçnprélierisible; où ce dieu enfin , auteur de phrases inin* temgiUes sans le comnren taire d'an iman, n'tf&ir^ro-* prem«nt qu'un législateur stupîde, dont les lois ont tçm jours besoin '•d'interprétations. Jusqu'à qnailrf' le$- Musulmane conseryerout-ils tant de re^^ct poiar.ui^ ouvrais si rentplt de sètlises et de blasphèni«fr?'

Mais, si la métaphysique des fausses religion*; »? Texcursian des esprits dans le p?}ys dés ânies^ H. les dé^ couvertes, dans le& régions intellectuelles om partoul;

î68 DE L'soMitirK.

été lé» mêmes y les impostures (i) du corps sacerdotal pour le soutien de ces fausses religions, n'auraient pas,' en tons les pays^ conservé entre elles les mêmes ressemblances.-. . '

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