Tome II. i
7g4 ^^ L HOMME.
Supposons que, pour prodttîre un homme de génie, ]e hasard doive se oombmer en lui avec Tamatir de h glotre ; supposons encore qu'un bonimé naisse dans un gouvervidnaieni où, loin d'honorer^ on aviKsseles talens: dans cet empire , îl est évident que i'hdWAie de ^nie •sera etiûérement Fo^uvre du hasard.
En eflet , ou cet homme aura vécu dans ie momie , et devra son amour pour la gloire à Testime qu^aura conservée pour les talens la société particulière où il s'est trouvé, ou il aura vécu dans la retraite, et devra «lors ce même amour pour la gloire à l'élude de Ifiîstoire f au souvenir des honneurs anciennettient décernés a la vertu et au talent, enfin à l'ignorance du mépris que seç concitoyens ont pour Tune ou l'autre.
Supposons, au contraire, que cet homme haïsse dans tm siècle et sous une forme de gouvernement où le mérite soit honoré. Alors il est évident t|ue son amour pour la gloire et son génife ne seront point en luiTceavre du hasard , mais de la constitution même de Fétàt , par conséquent de son éducation , sur laquelle la forme des gouvernemens a toujours la plus grande inBuence.
Considère^-on l'esprit et le génie moins comme l'effet de l'organisation cpae du hasard (t) r il est certain , comme je l'ai déjà dit > qu'en observant les moyens employés par le hasard pour foriuer de grands hommes , on peut , d'après cette observation , modeler un plan d'éducation qui , les multipliant dans uhe na-
(i) J'ai ooanu la souise et la mécAiant^eté des âiéaU^eas. IVnit est à craindre de leur part. Je suis donc forcé de reaouveler de temps en temps la même profession de foi , de répéter que je ne regarde point le hasard comme \in être ; que je n'en fais point un dÎQu f et que par ce mot je ti^eutetids que « rëncfaatfiemia » des effets dont uous n'apercevons pas les.eauses. » Ceet un «e sens qu'on dit du hasard, i7 conduit le r/</ ; cependant tout le monde sait qtic la manière de remuer le cornet et de jeter ce dé , est la raison su fB santé qui fait amener plutôt teni€ que soailet.
msmaammmmtrm
SECTIOÎ^ ni, «HABITEE îî. ,^
tion , y rétrécisse infinimem i^mpire 4e .fe m^k^ ^^ sard , et diminue la part immense qu'il a m^j^nsa^ièt notre instruction.
• Cependant si c'est à d#s causes^ i ds^ «cçideii; iipr prévus qu'pp doit tpu jours l^, premier »vtKQn, par copsëqueot la décoarerte de vwm iàf^ n&xv^f h ba^ ^rd conaertera dofiç toujoaqi une cerlwse i^iiueççp 6ur les ^spriis; j'en copviei^, mais oit^e influ^mee a Aussi.des bornes.
CHâPïTRE III: '
Des limites à poser au pouvoir du hasard» *
5i presque-tous les <rf>jets, considérés avec aCte^^^ m r^fermwem point €» ew la semenpq 4^ qi««lqae découverte; m le hasard ne partageait p^ à p«u piés paiement ses doiis et n'pffrak point à 4Lou^ les obj^ 4e la «omparaisp» desquels il p^t résulter d^ idées grandes et neuves, l'esprit serait pr^q^ie ^ ^tîer le don du hasard*
Ce sertit à aoii éducaûôn qu'on devrait sa sci^nw au hasard qu'on devrait soq e^rit ; et ch^im m^w^àt plus ou moins, selon qqe le feap^rd Jw s«^raii été plus ou moi^ fevoratfe, Dr, que nous appreyid k «e sujet re:xpérie»ce? ç'egi que 1 Wi^aJIité des esprits jest moÎAS e« Qous l'e^ du partage trop inégal des 4on$ 4vl hasard , que d^ Tindiffér^ncç aVee la,q^eUe ffli 1^ reçoit.
L'iwgôUt^ de» ««prit* 4oit donc être prioc^paleqient
ponce « l'observation ,de^ r«»sein|>j(aj9!Cé^ ^^e$iil&é^ rences, des convenaoces et des dUcoDvenvnc^p qu'ont em^e eux les objet» di-ver». Of, «eUe iwg»Ie auenOpn
t96 DE L^HOMMC.
est étï nous le produit nécessaire de la force inégale de nos passions.
Il n'est point d'homme animé du désir ardent de la gloire , qui ne se distingue- toujours plus ou moins dans l'art ou la science (ju'il cultive. Il est vrai qu'entre deux hommes également jaloux de s'illustrer /c'est le hasard qui f présentant à l'un d'eux des objets de la contparaison desquels il résullft des idées plus fécondes et des découvertes plus importantes, décidé sa supériorité. Le hasard , par l'influence qu'il aura toujours sur le choix des objets qui s'offrent à nous, conservera donc toujours quelque influence sur les esprits* Contient - on sa puissance dans ces étroites limites : on a fait tout le possible. On ne doit pas s'attendre, à quelque degré de perfection qu'on porte la science de l'éducation y qu'elle forme jamais- de» gens de génie de tous les habitans d'un empire. Elle ne peut que les y multiplier,, et ftire du plus grand nombre des citoyens des • hommes de sens et d'esprit : voilà jusqu'où s'étend son pouvoir. C'en est assez pour réveiller l'attention des citoyens, et les encourager à la culture d'une science dont la perfection procurerait en général tant de bonheur à l'humanité, et en particulier tant d'avantages aux nations qui s'en occuperaient.
Un peuple oti l'éducation publique donnerait du génie à un certain nombre de citoyens , et du sens à presque tous , serait sans contredit le premiei* peuple de l'univers. Le seul et sûr moyen d'opérer cet eflîet , est d'habituer de bonne heure les erifans à la (àligue de l'attention.
Les semences des découvertes présentées à tous par le hasard , sont stériles , si l'attention ne les féconde. La rareté de l'attention produit celle des génies. Mais que faire pour forcer les hommes à l'application? allumer en eux les passions de l'émulation , de la gloire
SECTION III^ CHAMTRE III» t^
-et de la vérité. C'est la force inégale de ces passions qu'on^ doit regarder en eixx comme la oaifa^ de la grande inégalité de leurs esprits. #