‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 8 sur 203 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la éifférentB impression-dés objets sur nous»

Que des objets âiffërens produisent sur nçus des sen-*- #alioiis diverses» cest un fait. Ce que TexpérieBce nous «ipprend encore , c'est que les mêmes objets excitent en nous des ipipressions difierentes , selon le moment où ils nous sont présentés : et cest peut*-etre à cette difierence d^impression qu'il faut principaleilient rap^ porter et la diversité et la igrande inégalité d'esprit aperçue entre des hommes qui, nourris dans-les mêmes j>ays , élevés dans les mêmes babitudes et les mêmes moeurs , ont eu d'aiUeurs à peu près les mêmes objets sous les yeuK.

Il est poiu- l'âme des momeos de calme et de repos ^ où sa surface n'est pas méme.troiM>lée par le souffle le plus léger de^ ipasasons. Les objets qu'aiors le hasard nous présente, fixent quelquefois toute notne attention : on en examine plus à loisir les di^rentesi £ices , et l'elmprainte qu'ils font sur notre mémoire en est d'aii<tantphis cette et d'autant plus profonde.

Les hasards de cette espèce sont très^xymmims , surtout dans la première jeunesse. Un^cnfatnt &it une faute, et, pour le punir, on l'enferme dans sa chambre : il y est seiil. Que faire? il yoit des pots de fleurs sur la 0 fènêirê : il les cueille ; il en considère les couleurs , il en observe les nisanees,; son désGeuvpement semble donner plus dé finesse au ses» de sa vue. U en est alors'de l'enfant comme de Taveugle : si communément il a le sens de l'ouïe et du tact plus fin que les autres hommes, c'est qu'il n'est pas disirait , comme eux , par l'action de la lumière sur son œil ; c'est qu'il en est d'autant

SEGTIOIiF I> .Çn^PllRE IV. ^

pk» attentif^ d'autant pluacbQcea^ w luiF^ÉêiAe ^ et qu'enfifi, pour ^ppléer au $^. ^ Im m^uqimfA'Vk^ QOmme Iq pcwarquQ Oklçr^, Iq p|li$.giiwd int^féi^H perfeciiomier Iqs seias <^ lui r^o^^.

L'impression que fout sur uous le$ Qbjel# , dépc«i4 principalement dp mpoiieiu çfu ^s objets^sou» fra|^iiu DansTexcm^e ci-d^scî^s, o>s\ Vatlmnoii que fétévi^ est ^ pour ain^ dire j, forcé dei ^éieic atu 9fMi|9. obj^li^ qi^'il ait so\2s les yeux ^.qiui» dama |e^ qoideuvs- el \h forme des fleurs^ luii fait décpuvriif des diffqf^Ufie^ fines^ qu'un regard distrait ou un coup d'œil siipe^fieiel q% lui eut pas permis d'i^rc^voir. C'est; ujae piiuiûoM ou un hasard pareil^ qui souvent décide le goût d'un jeune homme , en ùit un petnH^ de fleurs , kii donne d'abord quelque connaissance dé leur beauté , enfin l'amour des tableaux de cette espèce. Or ^ à combien de hasards et d'accidens semblables T^ducatiou de l'enfance n'est-* elle pas soumise ! Et comment imaginer qu'elle puisse être la même pourdeux individus? Que d'autres causes^ d'ailleurs^ s'opposent à ce que les^ enfans, sqit dans lest collèges» soit dans la maison paternelle^ reçoivent le^ mêmes instructions !

.CHAPITRE y.

De Véaucation des collèges.

On veut que les çu&ns aie^t reçu les mêmes iastruotions, lorsqu'ils ont été élevés dans les mêmes collèges. Mais à, qtiel âge y entrent-ils ? à sept ou bi\it aas. Or , à cet âge ils ont déjà chargé leur mémoire d^idéep qui , dues en partie au hasard, en pnrtie acquises d^n^ la maison paternelle, sont dépend/^niie$ dç leîat, idiJi caractère . de la forftuae ci de» richcssAs d^^ieurs pareils^

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Faut41 donc s'étonner si leà enfàns, entrés au coDege aveé' de» idées souvent si différentes , montrent plus ou moins d'ardeur pour Tétude , plus ou moins de goût pour certains genres de science, et si leurs idées déjà acquises^ se mêlant à celles quon leur donne en commun dans les écoles , les changent et les altèrent considérablement ? Des idées ainsi altérées , se combinant' de nouveau entre elles , doivent souvent donner des produits inattendus. De là , cette inégalité des esprits , et cette diversité de goût observée dans les élèves du même collège (i).

En est-il ainsi de Fédiication domestique ?

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