CHAPITRE IL
D0 t esprit et du, talené»
Qu'est-çe dans Thomme que Fespr^? l'assemblage de ses idées. A quelle sorte d'esprit doiine-l-on le non» de talent? à Fesprit concentré dans un seul genre ^ c'est-àdire, à un grand assemblage d'idées de la même espèce. S'il n'est [>omt d'idées innées (et Rousseau en convient dan^ plusieurs ^endroits de ses ouvrages)^ l'esprit et le talent sont donc en nous dqs acquisitions; et l'un et l'autre, comme je l'ai déjà dit, ont doue pour principes gpnérateurs: i^. la sensibilité physique ; sans elle nous ne recevrions point de sensations; 2®. la mémoire, c'est-à-dire, la faculté .de se rappel^ les sensations reçues; 3®. fintérêt que nous avons de comparer nos senvationsentpe elles (f), e^esc-à-dire, df'observer avec
(i) Juger y dît Housseau , n'est pâS 8«Amip. lak pi^euve de son dpi- BÎoii y « «lest .qu*â est en; news nue frculté ou force tfn nous fait »9wm^^]m obyeta. Qk'jdk-ii^cfttelbroe ne peut être L'efièt dek » sensibiliti physique. » Si Rousseau càt plus approfondi cette «{uestum., il 9àt rocQKiAU» ^ae MVt9 fioi^e A^éiait autro chose que Tintérét
2^ DE l'homme.
attention les ressemblances et les différences , les convenances et les disconvenances y qu'ont entre eux les objets divers.
C'est cet ihtërét qui fixe Fatuntion, et qui, dans les honnnes organisés tiomme le commun d'entre enx, est le principe productif de leur esprit.
* Les talens, legardés par quelque^uns comme Teffet d'une aptitude particulière à tel ou tel genre d'esprit, ne sont réellement que le produit de l'attention appliquée aux idées d'un certain genre. Je oompare l'en-* semble des connaissances humaiu/ps au clavier (Tun orgue : les divers talens en sont les touches, et Tattention, mise en action par l'intérêt, est la main qui peut indîfieremment se porter sur l'une ou l'autre* de ces touches.
Au reste, si l'on acquiert jusqu'au sentiment de l'amour de soi , si l'on ne peut s'aimer qu'on n'ait auparavant éprouvé le sentiment de )a douleur et du plaisir physiques, tout est donc en nous acquisition.
Notre esprit, nos talens, nos vices, nos vertus, nos préjugés et nos caractères , nécessairement formés du mélange de nos idées et de nos sentimens , nç sont donc pas l'effet de nos divers tempéramens; nos passions elles-mêmes en sont dépendantes. Je citerai les peuples du nord en preuve de celte vérité. Leur tempérament pituiteux et phlégmalique est, dît -on, l'effet particulier de la nature de leur climat et de leur nourriture; cependant ils sont aussi susceptibles d'orgueil, d'envie, d'ambition, d'avarice, de superstition, qu® les peuples sanguins (i) et bilieux du midi (2). Ouvre-
méme que nous avons de comparer les objets entré eux , et qae cet intérêt prend sa source dans le sentiment de Famour de soi, effet immédiat de la sensibilitti physique,
(i) Ce fait prouve clairement que les passions citées ci-dessus oe «ont pas FefiTet de la diversité dç nos tempéramens , mais , comioe je Fai dit , de Famour du pouvoir.
(a) L'imagination des peuples du nord n'est pas moins vive qu«
SECTION V, CHAPITRE II. aoS
l>-on • l'histoire , on toit les peuples tout à coup changer de caractère s&ns qu'il soit arrivé de changement dans la nature dé leurs climats ou de leur nourriture.
J'ajouterai même q^^ A tous les caractères > comme le prétend Rousseau, page 273 , tome II de YJIéloïse, étaient bons et sains en euà>mémes , cette bohlé universelle et par conséquent indépendante de la diversité des tempéramensy prouverait contre son opinion. Plût au ciel que la bonté f&t le partage à% l'homme ! C'est à regrel que- sur ce point je suis encore d'un avis contraire à Rousseau. Qu^l plaisir pour moi de trouver tous les hommes bons ! Mais en leur persuadant qu'ils sont tels y je ralentirais leur ardeur pour le devenir. Je les dirais bons et les rendrais mSchans. / Est-on honnête y sert*dn son souverain, mérite-t-on sa confiance, lorsqu'on lui cache la misère de ses peuples? non; mais lorsqu'on la lui fait connaître et qu'on lui montre les moyens de la soulager. Qui trompe les hommes n'est point leur ami. Où sont donc ceux des rois? quel courtisan est l6ujoui*s vrai avec son prince? quel homme l'est toujours avec lui-même? Le faux brave dit tous les individus courageux , pour être cru lui-même tel; et c'est quelquefois le Shaftesbùryste le plus fripon qui soutient le plus vivement la bonté ori-* ginelle dés hommes. ' '
Quant à moi je ne les entretiendrai pas à cet égard
celle des peuples du midi. Conîpare-t-on les poésies d'Ossian à celles d'Homère ? lit-on les poëraes de Milton , de Fîngal , les poésies Erses , etc. ? on n'aperçoit pas moins de force dans les tableaux des poètes du nord que dans ceux des poètes du midi. Aussi le sublime traducteur des' poésies d'Ossiân, après avoir démontré dans une excellente dissertation , que les grandes et mâles beautés de la poésie appartiennent à tous les peuples , observe à ce sujet que les compositions de cette espèce lie supposent qu'un certain degré de police dans une nation. Ce n'est point , ajoute-t-il , le climat , mais' les mœurs du siècle qui donnent un caractère fort et sublime à la poésie j, ceUe à'Ossian en est la preuve.
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dans une sécurilé funesie; je ne leur ropiîew'dÀ {>oîni 9ans cesse qu'ils sont bons ; le JégîslMeur^ ïp^ùft» en garde çoaire le vice; négligerait Féuibliwetn^iit des lois propre à le péprimer. Je nç CQm^ndtMrai point» le êrinxe de lèse-humanité; j'oserai dire la yéniép en ; mpàtrane que, sur ce point, Rousseau n'est pas fln^ d accord ayec lui^n^éme que $ur lè$