CHANT TROISIEME
ARGUMENT
L'homme lé plus hemreux est celui qui rend son bonheur le moins dépendant des autres , et en même temps celui qui possède plusieurs goûts auxquels il commande : c^est Phomme qui aime Tétude et les sciences. Il est à la fois plus indépendant et plus é^îré. Il est des plaisirs Vifs que dod^e la philosophie, soit celle qui étudie la nature, soit celle qui étudie Fhomme. Le philosophe îouit même en se trompant. ^1 aime Fhistoire qui sert à l^ude expérimentale de Thomme. Il jie renonce point aux plaisirs des sens, mais il les maîtrise. La poésie, la musique, la peinture, la sculpture , Farchitecture , sont pour lui de nouvelles sources de plarisirs.
Au fatte des grandeurs, au sein de la richesse ^ Qui peut tourmenter l'hoinme et Tagiter sans oesse ? Quel serpent sous les fleurs se glisse auprès de lui? Ce monstre à l'œil glacé, dit mon guide, est l'Ennui» Du venin qu'il répond la maligne influence.
Jusque da^s son palais dévore l'opulence; Dans les bras du plaisir, dans le ^ein des amours. Son soufile empoisonné ternit les plus beaux jcwrs» Quel remède à ce mal? sans doute c'est l'étude. Plaisir toujpurs nouveau qu'augmente l'habitude. Aux charmes qu'elle t'offre abandonne ton cœur; En elle reconnais la source du bonheur; En elle viens puiser ce plaisir dont l'usage Convient à tout état, en tous lieux, à tout âge; Pipisir vrai dont le sage a la semence en lui. Malheur à l'insensé qui, l'attendant d'autrui. Et qui , de la fortune ignorant le caprice , De son bonheuV sur elle a fondé l'édifice > L'a nris dans les grandeurs , dans le faste et les biens !