‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 24 sur 74 · RELATIVES AU LIVRE DE L'ESPRIT · texte numérisé non relu

RELATIVES AU LIVRE DE L'ESPRIT

mœurs ^ que la superstition rend toujours atroces.

Je ne- me console point que vous ayez donné votre livre sous votre nom ; mais il faut partir d'où l'on est.

Comptez que la grande dame a lu les choses comme elles sont imprimées, et qu'elle n'a point lu le Repenfir du grand Fénelon. Soyez sûr encore que ce mot a fait un très-bon effet; soyez sûr que je suis trés-instruit de ce qui se passe.

' Je n'ai lu dans Palissot aucune critique des propositions dont ^ous me parlez. Il faut que ces critiques malhonnêtes soient dans quelques feuilles, ou supplémens de feuilles , qui ne me soient pas encore parvenus.

Vous pouvçz m'écrire, moucher philosophe, très- * hardiment. Le roi doit savoir que les philosophes aiment sa personne et sa couronne, qu'ils ne formeront jamais de cabales contre lui, que le petit-fils de Henri IV leur est cher, et que les Damiens n'ont jamais écouté des discours affreux dans nos antichambres. Nous donnerions tous la moitié de nos biens pour fournir au roi des flottes contre l'Angleterre : je ne sais si ses tuteurs en feraient autant. Pour moi, je défriche des terres abandonnées, je dessèche des marais, JQ bâtis une église, je soulage comme vous les pauvres, et je dis hardiment, par la poste, que le discours de maître Joli de Fleury est un très-mauvais discours. Je prends tout le reste fort gaîment, et j'ai un peu les rieurs de mon côté.

J'ai trouvé de très -beaux vers dans le poëme que vous m'avez envoyé; je souhaite passionnément d'avoir tout l'ouvrage : adressez-le à M. Le Normand ou à quelque autre contresigneur. Vivez, pensez, écrivez librement , parce que la liberté est un don de Dieu et n'est point licence.

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