‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 3 sur 74 · TOME IIL · texte numérisé non relu

TOME IIL

l^ ^SSI^l SÇfE li. VIE

lyse, se réduisent à des tableaux placés dans riiDa* ginatioa ou U qién^oire.

Tout dans- l'homme se réduit donc à sentir.

Vl^oiproe e^t sujet fn^if, erreur^. Elles oi)t trois cavise8;.les pas^ioi^$, rigporai|ç.e, et T^bus des mots. Jue& passions nous trpaipent, parce qu'elles nous font voir les objets soiis iSiue sçule face. Le prince ^bitiçqx fi^« ^ôn attentipn sur l'écldit d^ la vic- ^pire et sur 1^ pojnpe du. tripTnphe : il oublie les ipconstai^cés d^ la fortune e;t les m^ll^euFS de la guerre.

La crainte présente des far^tôines^ et ee laisse ' ppint d'entrée à la vérité. L'amour eat. fertile en illusions, a VoUs ne na'aiiQez plu$, disait mademoiselle de C^umont à Poucet; vo^s çroye? npoins ce q^ue je vous dis que ce qu,e vous V4>y^?;. >\

L'ignorance est la c^we des erveujrs. d^is les questions difficiles. Cçst faute de ç60nai3Si9nce& que la question du lu3t^ ^ été si long-temps, agitée sans être éclaircie. De gr^^nd^ hpmpaes en ont fait, l'apologie , d'autres la satire.

Sur Tablas 4ç« nf^ots , ti?oi^iè9)e csiusie de nos crrejurs, Helvétius renvoie ^ Locke, et ne dit quutir ipot en faveur de ceu^ ^ui i^e voudraient pa$ recourir au philosophe anglais 11 fait voir que les sens faux donnés au:^^ m^ts esj?ççe^ mutièrey infim^ amourpropre , liberté y ont été les sources de beaucoup, d'erreurs en métaphysique et en mojrale. La mo^tière n'est que )a coUec(\on desi propriétés communes à tous les corps. IS espace n'est, q^e. le néant ou le vide j considéré avec les corps y il n*est que l'étendue, f^e mot in/im^^ donpf^ qu'une idée, l'absence des borne^. \J amour-propre est nn sentiment gravé en nou3 par la nature, et qui devient vertueux ou vicieux, selon la différei^ce des goûts , des passions y

ET LES OUVRAGES I>'HELyÉTIlTS. 19

des cîrcpiiiitaaces. La liberté de J'homme consiste dans Fexercice irplontaire de ses facultés.

Passpns a^ second Piscpurs.

L'esprit ^ plus ou mpips l'estinije du publie, seloa que les id^es sont nenves, utiles ^et agréables. Cq ne sont pas leur nombre et leur étendue qui eiQt portent notre estime ; c'e^t le rapport qu'elles ont %vec notre bonheur , qui nous force à leur ^ccordejr notre homniage. Ainsi , c'est la reconnaissance ou la vengeance qui loue ou qui méprise.

Les idées les plus estimables sont celles qui flatteut^nos penchans. Le prejnier des livres pour Charles XII , c'est la vie d'Alexandre ; pour ujqm femme sensible, c'est le poète qui peint l'amour. C'est notre intérêt qui nous fait adopter ou rejetev Fopiniou des autres.

Il est vrai qu'il y a sur la terre un petit nombre ^e philosophes conduits par i'^inour du vrai, qui estiment de préférence les idées lumineuses; mais ees philosophes sont en si petiit nombre qu'il ne fa4t pas lef compter. Le reste du genre humain n'estime que les idées qui flattent son opinion ou $on intérêt. Un sot n'a que de sots amis» Auguste , Louis XIV, le grand Qondé , vivaient avec les gêna d'esprit. $ous un monarque stupide , disait k reine Christine , toute sa cour l'est , ou le devient

Lorsque la réputation d'un homme ou d'un our vrage est établie , nous Les louons souvent sans les estimer. Nous n'avons pas pour eux une /estime sentie , mais une estime sur parole. Telle csst Vû%^ time générale pour Homère, que tout le monde loue, et qui n'est lu que des gens de lettres.

Chaque homme a de soi la plus haute idée , et n'estime dans les autres que son image, ou ce qui peut lui être utile.

20 ESSAI SUR tA VIE

Le fakir et le sybarite, la prude et la coquette, se méprisent. Le philosophe qui vivra avec des jeunes gens sera l'imbécille, le ridicule de la société, ii'homme de robe , l'homme de guerre , le négociant, croient chacun sincèrement que leur sorte d'esprit est la plus estimable.

Ainsi la grande société , la nation , se divise en petites sociétés, qui , selon leurs occupations , leur rang, leur état, estiment la sorte d'esprit avec laquelle elles ont du rapport.

A la corur, on .estime surtout les hommes du bon ton , quoiqu'ils soient pour la plupart frivoles, ineptes, ignorans.

Si les petites sociétés n'estiment que l'esprit qui est plus près de leur esprit, le public n'accorde son estime qu'à l'esprit qui est utile au public.

En conséquence de cette vérité, l'esprit qui réussit dans les sociétés particulières réussit rarement dans le public.

Tel homme , au contraire , tel ouvrage , font honneur à la nation, et ne réussissent pas dans les sociétés particulières.

Si le public ne rend aucun honneur à l'esprit médiocre , c'est qu'il n*est jamais d'aucune utilité. Si pourtant, dans certaines circonstances, des esprits médiocres , devenus généraux ou ministres , sont honorés , c'est qu'ils ont eu le bonheur d'être utiles. De plus , on a de l'indulgence pour les grands. On ne demande pas à la comédie italienne les mêmes talens qu'à la comédie française.

Après la mort des hommes en place et des artistes, ceux-ci sont les plus honorés , parce que la postérité jouit de leurs travaux , et que les autres ne sont utiles qu'à leur siècle.

Certains esprits célèbres dans quelques pays et

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