‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 61 sur 74 · CXXXIX · texte numérisé non relu

CXXXIX

Quand on est jeune, on fait des vers, des bouquets à Philis. Est-on plus jnûr, on fait des raisonnement* solides. Il en est des hommes^ comme des arbres qui ne portent de fruits qu'après avoir quitté leurs fleurs. On a des sentimens et des désirs avant d^avoir des

réflexions.

Il ne suffit pas > pour bien tracer les causes de la grandeur d'un empire, de Uen recueillir les fiiits, il faut les voir dans leur vrai point de vue. Souvent on l'ignore , souvent on cherche un système où il n'y en a point, et presque toujours on cherche un principe unikjue où il y en a cent. Dans son Livre sur' Ie3 Causes de la Grandeur et de la Décadence des Romains y Montesquieu n'a pas assez connu les hasards heureux qui ont servi Rotne. Il est tombé dans l'inGonvénient , trop commun aux raisonneurs., de vouloir rendre rai&on de tout; et dans le défaut aussi des gens de cabinet, qui, oubliant l'humanité , prêtent trop aisément des vues constantes-, des principes uniformes, à tous les corps : el souvent c'est un homme seul qui dirige à son gré ces graves multitudes qu'on appelle sénats.

CXÇ.I.

Si Montesquieu s'occupe moins de ee que le devoir exige de nous, (pe des moyens par lesquels on peut nous obliger à les remplir, il a tort. Un des grande moyens d'engager les hommes^à remplir leurs devoirs , c'est de ne point leur imputer d'arbitraire*, et de bien leur montrer la liaison inséparable de leurs devoirs et de leur bonheur.

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C'est à la loi à protéger Fégalilé. Remontez à la source des privilèges , ils sont tous fondés sur des préjugés ou sur des injustices. Ceux qui par hasard ont é,té accordés comme récompenses, sont Teffet d'une vue courte et peu sejasible au bonheur des autres; car il n'y a aucun privilège qui ne ntiise à un tiers. Il est .injuste de favoriser une partie de la nation aux dépens du reste , et cela est toujours ainsi. Quant à ) ancienne possession, c'est un titre presque toujours vicieux dans son origine; et, aux yeux d'un philosophe, on ne prescrit jamais contre les vrais intérêts du peuple. Il est toujours sage , en rachetant où en indemnisant les particuliers, de travailler à l'anéantissement de tout privilège. Les places seules doivent avoir des distinctions, et jamais de privilèges ni d'exemptions.

Dans un temps de lumière, si l'on était vraiment éclairé, on ne tremblerait pas; si l'on^ avait un plan bien formé dans la tête, et le courage qui fait qu'on le suit, on ne tretnblerait pas; si l'on était bien persuadé que toutes les loià'se bornent à empêcher de nuire , qu'il faut d'ailleurs laisser la plus grande liberté possible; si l'on était bien persuadé que les impôts doivent être assis sur le revenu de la nation , et bornés aux vrais besoins de la nation , l'on ne tremblerait pas. C'est l'ignorance qui a peur; c'est la demi-lumière qui craint les abus de la correction. Quand on voit bien le tout, quand on pénètre bien, non la constitution d'un état particulier, mais celle des hommes et des choses, on nç dit pas qu'il y a du bien , du mieux et du pire; on dit : voilà la nature des choses 6t des hommes, et l'on va droit au but sans trembler.

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ET BEFLEXIONS. SoÇ)

Quand je vois une espèce d'animal habiter- des lieux écartés, se construire un nid bien caché, en dérober les avenues à la curiosité, je dis alors : sans doute il a des ennemis plus redoutables que ses forces ne sont grandes. S'il n'est pas dans un état de guerre, peu s'en faut; il est au moins dans un état de crainte. Tel est l'état des animaux. S'il y avait une espèce d'animal qui, outre des ennemis à craindre, eut encore des dangers à courir de la part de ses semblables, et qui pût lui-même se faire craindre d'eux , alors celte crainte réciproque constituerait l'état de guerre. Il faut de plus encore examiner s'ils n'ont rien à espérer les uns des autres ; si, aux craintes qui les éloignent , il ne se joint pas des besoins et des penchans qui les rapprochent ; et alors leur état serait guerre et paix, et la paix serait leur véritable état. S'ils avaient outre cela une raison qui , en les éclairant sur les moyens de concilier leurs vrais intérêts , leur, offrît des moyens de ne plus se craindre, je crois que c'est la nature de l'homme.

Quand les hommes sont rassemblés ef divisés en nations, que doit-il en résulter? Pour en bien juger, il faut voir comment cet état de nation a commencé. La marche naturelle a été d'abord l'état de Emilie simple , ensuite des familles réunies ou par le voisinage ou par la nécessité de se défendre. En conséquence, on choisit un chef ou des chefs. Donc c'est la guerre qui occasionne les institutions politiques, mais la guerre défensive. Il n'y en a point d'autre qui réunisse les hommes dans les premiers motnens ; et c'est pour éviter les incprsions vagues des brigands] qu'on se réunit. L'ol^el du brigandage, c'est la rapine; l'objet de la

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guerre, c'est la défense. Il n'y a ni droit des gens, ni droit politique , ni droit civil, qu'après que les sociétés ont pris une consistance durable par le temps; jusquelà c'est une simple association de bonne foi qui n'a en* core aucune loi : elle peut se dissoudre , et peut-être l'a-t-elle été plus d'une fois, avant d'acquérir de la consistance.

Quand on considère une nation toute formée , il est bon d'observer : i"". les gradations par lesquelles on arrive à cet état-là ; 2^. ce que les divers pendians de rbumanité perdent ou gagnent à ce changement; de considérer d'abord le rapport des membres de la na-^ ûon entre eux, ensuite avec leur gouvernement, enfin avec les autres nations , plutôt que de suivre l'ordre r«enversé; car il faut réunir les volontés avant de réunir les forces, avant de les exercer au dehors; mais, avant tout y il faut que les circonstances réunissent les familles. C'est le penchant irrésistible de l'amour, c'est le besoin des enfans , c'est le sentiment des parons en^ vers leur progéniture, qui forment la famiUe. Les peuchans que la nature a desUnés à l'union .des. hommes, tels que le plaisir de vivre avec ses semblables , la compassion et la bienfaisance, qui rapprochent les pères de famille , et les familles ^ensuî'le, quand les circonstaiices ue s'y opposent pas : voilà les sentimens qui président aux premières unions. Mais , conmie le coeur humain est agité par des passions qui tendent à les diviser , l'état civil , ou la civilisation , résulte des lois qui mettent un frein à ces .passions funestes. Mais , quand les premiers mtduvemens de l'hum^Dité qui présidèrent aux premières unions sont un peu attiédis, ont perdu une partie dé ileur énergie , alors commence l'imérét réfléchi qui ne s'occupe que de soi ; c'est là l'état de guerre sourde qui règne dans tous les gouyernomens , parce qu'il n'y ea a aucun qui ait songé à fortifier les

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ET EÉFLEXIONS. 3l i

affections sociales que la nature a mises dans notre sein, aucun qui ait pris la raison pour guide. La raison, oomme je l'ai déjà dit, doit étudier les yrais et bons penchans de Thomme , pour les seconder et les forti* fier, et s'opposer à jceux qui pourraient nuire au bonheur commun ; c'est là son véritable exercice.' Est*ce ik ce dont les gouveiiiemens s'occupent ? Ils semblent ne songer qu'à se faire obéir.

U y a d'excellentes choses dans le Cliapitre II, Livre II de Y Esprit des Lois y et c'est dans les détails que Montesquieu est toujours un homme supérieur; mais en même temps il montre qtielquefois trop le savant. Ainsi je le trouve un peu trop ébloui des choix des Romains et des Athéniens. Il confond ce que Je peuple fait dans les beaux jours de sa gloire , dans l'en^ thousiasme de la vertu , non ce qu^il fait dans les sièdes de corruption , ou dans !leS dâires de la liberté. Si Athènes et Rome ont fait des choix admirables, si quelquefois elles se sont livrées avec confiance à des hommes respectables , quelquefois elles les ont punis des mauvais succès, et souvent encore elles ont préféré l'audace et la vajne éloquence de quelques démag<^[ues, ou mérite simple et modéiste : eUes tiiit banni Aristide et Scipion. Je suis cejpendant persuadé' que le peuple est capable de tout ce que lui attribue de justice et de sagesse Montesquieu ; mais à condition que ce peuple connaîtra bien ses vrais intérêts : et il n'en sera persuadé qu'en deux^s c i ^. lorsque le gouvernement luimême voudra bien l'en instruire ; :2**. lorsqu'il sera permis de les discuter dans tous les temps également , même avant que les 'occasions extraorchnaires soient arrivées. Supposons^ par exemple, qu'on enseigne bien aux peuples <jue leur véritable intérêt est dans la

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paU; que peu leur importe que leur empire soil étendu ou borné, pourvu qu'il soit heureux; qu'on lui enseigne , au lieu de mille pratiques inutiles , que le bonheur consiste à suivre les penchans de la nature; qu'on ne doit surtout jamais faire de mal qu'à celui qui en fait lui-même : alors il n'y aura plus de droit de guerre , parce qu'il n'y aura que des guerres défensives p et que la guerre défensive ne doit avoir pour but ni la conquête ni la victoire, mais la paix. Quand dirat-on au peuple , non que le droit des gens consiste à ce que les nations doivent se faire dans la paix le plus de bien , cela est out^é; mais (et cela suffirait au bonheur de tous) à ne point chercher ses avantages à leurs dépens, à ne point mettre d'entraves à leur commerce, a respecter leur liberté, à ne point les diviser au dedans, en un mot à vivre tranquille et vraiment en paix, et à ne faire la guerre que malgré soi ? Si le peuple était bien instruit là-dessus, des ambitieux, des intrigans, ne viendraient pas à bout de le séduire ; les mots de gloire et de grondeur ne l'entraîneraient pas à de folfes entreprises; et, quand il faudrait se défendre, il combattrait sans relâche pour ses en fans et leurs mères. Un peuple heureux n'est jamais lâche ; il craint trop de ne l'être plus.

Je dois justiHer ce que j'ai dit, que Montesquieu exagérait en disant que les nations devaient se faire dans la paix le plus de bien qu'il est possible. Il semble odieux de blâmer une maxime de bienfaisance ; mais il n'y a de bon que ce qui est vrai. Je crois peu aux vertus que personne na jamais senties, et qui ne peuvent même pas être l'objet du sentiment. Quand je vois un homme qui souffre , je sens de la compassion pour lui; quand je veux lui faire du bien, je sens mon cœur s'émouvoir et désirer de pouvoir lui en faire : mais une nation n'offre à mes yeux quun être moral qui ne

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m^alOfecte pas , et ne parle pas plus à mon cœur qu'à mes sens. Je me borne à ne point faire de mal y parce que faire du mal répugne à mon âme. Si un homme étranger s'offre à moi , il n'est plus étranger pour moi ; c'est un homme , et il a des droits à mon affection. Mais la bienfaisance ne porte que sur les êtres sensibles^ et qui peuvent éprouver à leur tour les mêmes impressions de sensibilité que j'éprouve pour eux. C'est une grande source d'erreurs que le langage collectif qui semble faire une seule personne d'une assemblée d'hommes, et lui prête les sentimens d'un homme, et qu'un homme n'éprouve que parce qu'il est un. Pour que je sois sensible au bonheur ou au malheur d'une nation , il faut qu'on la dépèce, pour ainsi dire, afin de voir les particuliers heureux ou malheureux qui la composent.

Je ne suis pas bien étonné que les tribilnaux d'un grand état frappent sans cesse sur la juridiction patrimoniale et ecclésiastique : il est tout simple qu'ils cherchent à attirer tout à eux ; et quelque peu disposé que je sois à prêter des vues constantes aux hommes, il y en a qui naissent tellement de leur position , qu'ils ont ces vues même sans le savoir. Ainsi les parlemens ayant pris la place du clergé et de la noblesse qui jugeaient jadis les affaires, ils ont dû chercher à écarter par degré la noblesse et le clergé. Et, comme le clergé leur opposait une résistance plus soutenue , ils ont eu plus à combattre; tandis que la noblesse, occupée à la guerre , peu curieuse du droit de juger, laissait entraîner sa juridiction, et, quelquefois par raison, quelquefois par avarice, était bien aise d'en être dépouillée. Et, au fond, ni la justice criminelle, ni les jugemens civils, ne sont bien entre les mains des particuliers;

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et ^ si l'on étsài animé par le désir du bien public , on aimerait mieux voir la justice entre les mains des villes et des corps intéressés à la manutention de la chose publique , que dans les maîfis des seigneurs ^ qui nj prennent aucune part^ parce qu'ils n'y entendent rien : et la constitution ne serait pas changée par ce changement; car les rangs intermédiaires , seuls nécessaires peut-être à la constitution monarchique , n'en subsisteraient pas moins* Montesquieu est trop fcodaliste; et le gouvernement féodal est le ch^-d'œuvre de l'absurdité.

Quant à la juridiction ecclésiastique , par quel droit entre-t-elle dans la constitution monarchique? Elle est déraisonnable lorsqu'elle sort des bornes ecclésiastiques; et, si elle n'en sort pa5> elle doit se maintenir par la seule persuasion , sans que le prince s'en mêle* Le clergé, par la nature <les choses , doit être simple pensionnaire de l'état, comme le précepteur de la maison ; et ceux qui ont des dogmes et des maximes tirés d'un autre monde peuvent prêcher et non gouvei^er celui-ci.

En un sens , la vertu n'est Je principe d!aucun gouvernement, quoiqu'elle y soit plus ou moins utile. Qu'est-œ qu'un bon gouvernement? celui dont les . lois tendent à assurer la félicité commune, et sont assez justes pour que chacun trouve son intérêt à les observer. Pour cela , il ne s'offre que deux moyens : l'un, d'éclairer assez les hommes pour qu'ils voient clairement que leur intérêt se trouve à obéir aux lois ; le second 9 d'inspirer de la crainte à ceux qui entreprend* draient de les violer. De ces deux moyens, le premier ne convient qu'à un bon gouvernement ; le second convient à touS; bons et mauvais. Le premier n'a encore

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été employé nuHe part^ et j'en sais k raison. Quant à celte espèce de fanatisme patriotique qui fut jadis en usa^e ; Û ne servit qu'à inspirer des haines nationales ^ la fureur dés conquêtes , et les inquiétudes de l'ambition. Toutes ces passions factices ont un terme; et, ce terme arrivé , l'édifice s'écroule. Elles servent à rendre les .peuples célèbres , et à couvrir Jeur empire de gloire et d'éclat , sans les rendre ni heureux ni durables. . £n général , les gouvernemens.ne sont pas faits pour les hommes vertueux; ils n'en ont pas besoin : mais enfin ceux-là il "Ëiut les éclairer , cela suffit. Quant au commua des hommes , il serait bon de les éclairer, mais il suffît de se faire craindre*

Il n'y a aucun gouvernement qui n'ait besoin de réforme dans ses lois , aucun où elles tendent assez au bien public i presque toutes sont favorables à celui qui possède, contre celui qui n'a rien. Il y en a sans nom* bre qui se mêlent de détails qui ne sont pas de leur ressort, beaucoup qui ont été transportées d'une nation à une autre; il y en a qui sont trop sévères, d'autres qui supposent un ordre de choses qui n'existe plus , beaucoup qui ont été dictées par l'autorité en sa propre faveur; que sais-je? le fanatisme, la bizarrerie, les haines nationales, des orages passagers, des passions populaires, en ont occasionné plusieurs qui restent encore après que tout cela 'Cst éteint.

En jetant les yeux sur tbutes les espèces de gouvernemens anciens et modernes , il n'en est aucun où le mal ne contraste à côté du bien. Des hommes indifferens à tout, et qui se croient philosophes, en concluraient que %out est égal , et qu'on peut décider la question de la ppéférence des goûvernemens à croix ou pile. Des hommes atrabilaires en concluraient que le mal est entré dans le monde avec les- goûvernemens; des philosophes paresseux en concluraient qu'il faut

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rester comme on est , et que c'es\ une folie de réformer ce qui est. N y aurait-il pas quelque autre conséquence à en tirer? Ne pourrait-on pas dire que jusqu'à présent on n'a pas assez médité sur les vrais moyens de rendre les peuples heureux ; que les premiers législateurs , trop peu éclairés pour établir un bon système de gouyerne— ment, ont encore eu le malheur de vouloir assurer l'immutabilité à leur ouvrage encore informe ; que ce n'est que du temps et de l'expérience, du progrés des lumières et de la liberté , et fort lentement encore , que peut se former le meilleur plan de gouvernement; que la pbis folle de toutes les opinions est celle qui tend à conserver les antiques législations? On y voit quelquefois des vues sublimes, mais jamais d'ensemble; des idées hardies, mais trop souvent bizarres; de grandes vertus, et beaucoup d'ignorance; en un mot, tous les caractères des peuples naissans qui se laissent entraîner à une impression forte et non réQéchie qui les égare par les séduisantes apparences de la gloire et de l'utilité momentanée.

Dans une monarchie , presque personne n'est bon citoyen ; car on n'y cherche généralement que ses avantages, à l'exclusion des autres. La seule chose à désirer , c'est qu'on les connaisse bien , pt qu'on sache surtout qu'il ne faut pas les chercher à l'exclusion des autres : c'est là la source de tous les maux politiques; c'est au gouvernement à y veiller. Dans l'état monarchique , conune dans le despotique^ tout tend, tout conspire à TexclusiF; la faveur est le dieu qu'on invoque. On n'y est rien qu'en s'approchant du mattre : on est donc nécessairement mauvais citoyen. Comment y serait-on homme de bien?

ET RÉFLEXIONS. dlj

L'éducation publique et commune est très-favorable à la liberté. Si l'éducation particulière s'introduisait jamais dans une république ^ je tremblerais pour sa i

liberté. Les pères sont timides^ parce qu'ils ont des enfans ; les enfans n'y apprendraient qu'à être insolens^ parce qu'ils seraient toujours entourés de valets , c'està-dire , d'esclaves passagers et mercenaires. Insolens * avec eux, ils seraient lâches avec leurs supérieurs; c'est une conséquence infaillible.

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