‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 65 sur 74 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Avant que de vouloir rechercher Torigine des choses , il faut avoir le courage et la force d*esprit nécessaires, être exempt de tout préjugé, et n'avoir uniquement que la raison pour guide, et la vérité pour objet.

L'homme sage ne taxera point de téméraire celui qui ose soutenir que, tandis que les effets éclatent à nos yeux, leurs causes doivent touj'ours demeurer dans une obscurité impénétrable. Qui a assisté à la formation des essences ? qui a mis des bornes à lesprit humain ? qui en a mesuré la portée? LlntelUgçnce suprême» par qui tout existe, na*t«elle pu faire des intelligences capables de connaître ce qui est? n aurait-elle point proportionné laotivité de l'esprit humain à l'immense variété de phénomènes naturels? Et si les connaissances que l'esprit acquiert ne sont, à son égard, que de nouvelles manières d'être , pourquoi ne pourraient-belles pas èxte aussi diversifiées que la forme que la matière revêt à laide du mouvement ? Celui qui fait tant de choses dignes d'être vues et connues, n'aurait-il pas des yeux assez perçans pour voir, et un esprit assez pénétrant pour comprendre?

Si les yeux voyent, les oreilles entendent, et les autres facultés font leurs fonctions sans avoir besoin d'aucun précepte, l'entendement peut bien raisonner, chercher la vérité, la trouver, et juger sans l'aide d'aucunie science.

Servons-nous donc de nos yeux et de notre entendement ; voyons par nous-mêmes; pensons par nous-mêmes, et ne rougissons pas de chercher la vérité* ,

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