‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 9 sur 74 · CHANT PREMIER · texte numérisé non relu

CHANT PREMIER

ARGUMENT

Le poète clierclie dans t[Uel éUt et àkns quelle sorte de liîehs a natttiK ftpiaté le bonheur. Il iitlôrrogè. la Sagèfi^e , qui Ml iliéntrê les avantages et lés incouvémeas de ce que rbotoine appelle d^s biens. D'abord les plaisirs- de IVmour : ils rendent ïbQoime beu»reux pendant quelques mômens : mais le dégoût et l'ennui l^ suivetit i et eeux qui se sofit àbatidohné^ k ces plàtsirs se trbntent , dans MO ftgé afTancé> fiWB ressource pour le b^nbemc. 'Laâo^sse lui montre les plaisirs et les troubles de Taoïbition^^ea raya^^és qt ses crimes/ Le poète conclut que , si les grandeurs sont une source de plaisirs, elks donnent encore moins le bonheur que les Voluptés des sens. - " • '.• • «'•.-•!■•

Plongé dans les.emiui^^ rhomtoi^^ dU$ai»^|fe..<ia'|o\Mr^ £st-il,4o|ic sfa maiheut oondaili^raanl Jiretoiir? ; r > Quels vents impétueux , ô puîss^^n^q S0ge^se> De l'île du Bonheur me repousaei^t 'sao^Q^sse J -t . < Que d'(écueils,np^eiia(Cai)S'#ndéfQiidf9n|:Jes bordai . • Oh ! si tous h^ mortels^ jetés loin de ses porta» ' i Errent au gré des vents et sans mats^et aanë voile^^ Si leur vaisseau perdu méoonnait les écoilieSy : - Viens me servir «de guide. Ëbl que puis-^je ^mtxAi J'ai cherché le bonhaar; U a fut loinde lasoi* * i . Séduit par une longue ^t trop vaÎQo eëperaôce^. - ^ J'erre dans les détours <l'uli labyrinthe imotensé.v >

TOMS m. 6

Su LE BONHEUR.

Est-ce dans les plaisirs, est-ce dans la grandeur/ Que niomine doit poursuivre et trouver le bonheur ? ^ Sagesse , c'est à toi de résoudre tqfis doutes : De la félicite tu peux m'ouvrir les routes.

Je dis : un doux sommeil appesantit mes jeux ; Et, descendu soudain de la voûte des cieux, • Un songe bienfaiteur, dans l'azur d'une nue, Présente à mes regards la Sagesse ingénue.

Simple dans ses discours, aimable en son accueil. Elle n affecte point un pédantesque orgueil ; D'une fausse vertu dédaignant l'imposture.

Elle-même applaudit aux leçons d'Épicure :

Indulgente aux humains , de sa paTsible cour Elle-n'ecarte point et les Jeux et l'Amour.

: . Mortel I je viens ^ dit-elle, apaiser tes alarmes; De tes humides yeux je viens sécher les larmes , T'appt^ndre qu'au hasard tu diriges tes pas, Et cherches le bonheur où le bonheur n'est pas. ' Je me trouve à ces mots au centre d'un bocage; Une onde we et pure en rafraîchit l'ombrage ; Sous un berceau de myrte est un trône de fleurs Dont l'art a nuancé les brillantes couleurs.

Là , du chant des oiseaux mon oreille est charmée ; Là, d'arbustes fleuris' la terre est parfumée; Leurs esprits odorans , leur ombre/ leur fratûheur , Tout invite à l'amour et mes sens et mon cobur; Dans ces lieux enchantés tout respire l'ivresse.

C'est ici, dit mon guide , où régne la mollesse. Je la vois : que d'attraits à mes regards surprils! Les roses de son teint en animent les lis ; Son corps est demi-nu , sa bouche detni-close ; Sur l'alhfttre d'un bras sa tête se repose; Et , tandis que son œil , qu'enflamme le désir. Sur son sein palpitait appelle le plaisir , ' Des zéphirs indiscrets l'baleine caressante

CHANT PREMtEA. S3

Soulève son écbarpe et sa robe flottante.

Sa coquette pudeur , aux transports des amans , \

Oppose ces dédains, ces refus agaçans.

Ces cris eptrecoupés , cetle faible défense ,

Qui, flattant leur espoir et provoquant l'offi^ose^

Au désir enbardi permet de tout tenter.

Quel nouveau cbarme ici me force a m'arrê|er? Des nymphes , en chantant 1 amour et son délire^ Trop jeunes pour jouir^ s'exercent à séduire. L'une d'un pied léger suit un faune amoureux , Et ses rapides pas ont devancé xaes yeux.

En déployant ses bras bali\ncés par les grâces. L'autre entraîne en riant son amant sur ses traces : Modeste dans ses vœux, il demande. un baiser Qu'elle laisse ravir et feint de refuser* .

Aux pieds d'Ompbale, ici, je vois filer Alcide; Plus loin, Renaud, conduit sous le berceau d'Armide, S'applaudit dans ses bras d,e rojibli du devpir. Il ne voit point encor le magique, miroir Qui doit, en lui mon tr^nt.s^ honte et sa faiblesse, L'arrachei: pour jamais d^s bras de la Mollesse. De son trône ombragé par un feuillage épais.

L'œil découvre des hoi^ Partagés en bosquets ;* Arène des plaisirs, voluptueux théâtre, . . i.

Où, variant ses jeux, la vive Hébé folâtre. Là, conduit par les Ris, je m'avance, et je vojis Des belles s!enfonçer d^^s Tépaisseur d'un l>ois , Fuir le \o\xx,^ et tomber, sur un lit de fougère, i Leurs appas sont voilés d'une gaze légère, ,

Obstacle aju doux plaisir, mais obstacle im'puissifnt : Le voile est déchire, l'amour est triomphant; L'amant donne e^ reçoit mille baisers de ïlaiiii}:^, Sur sa brûlante lèvre il sent errer son âme^; « Et mon œil attentif voit , au sein du pl^i^ir , .^ , De charmes ignorési 1h. beauté s'embellir. *

84 l'E BONHEUR.

Plus loin y près d'un ruisseau^ sont les jeUx de là lutte, C'est là qu'à son amant une athatite dispute Ce myrte, ces faveurs <Jûe éà Main veut ravir. '

Je les vois tout à tour s'approchét et se fdih • La nyiâphe cède enfin sur l'àfélié ëténdué.

Que de secrets a^pas sont offerts à la Vûô I Aux prlèfes, aux cti^, sa pudeur a recours : -•

Vains cfflforts ! le ruisseau réfléchit leurs aûiourâl • Vainement là naïade eri Ses grottes pi^ofondés Dérobe ses beautés sous le cristal dësr onde^ i L'amour plonge, l'atteint, l'etubràs^e dâiïs led ÛàU, Et h feu du désir s^allurûe dU seiti deâ eailï. Dans ces lifeux, de jouir tout s'occtipë feaùs èessé. ' '/ C'est ici <|ne ^Amôù^, prolbnf^eant àori î^i^èsse , . Découvre un nouvel art d'ifriléf IfeS dési^s^ Et d y multiplier la forme des plaisirs.

Je le sens, dis-je alors , tout sage e^t sybarite. Cherche-l-oil le boiiheut* ? c'e&t ici qu'il habite. • ! Reine de ces beaui lifeùx , je ^uis à Vd^ gënout ; Prêtresse du plaisir, je liie consacre à vôhé.

Mais déjà fe^ amans, plus froids dalls leUrs cafe^^es/ Sentent'daAs ces transporta etpiréi* fetli^ leftdi*e$s^$; . Lettrs yetix iie lirillefnt plus de$ ûknïtàê^,û\iàé&it, Et les langueurs en eut snccsèdëtft âii plâUÏK' ^

Au sein des voftlpté^, je le Vbis,;ô Sagesse, ' Le rapide bcrtiheur n'eàt qu'uh éblair d'iVré^e. Eh quoi! peur ranimer lès bésoink ijàtis(liitô; .* , * . La beauté n'âut*ait plus ^de dlitiptfïiiàris ûiitaiii\ ' Quoi! ces myrtes flétris ne jettent plus (ï'ôttibra'ge ! Regarde, dît mofr guide, au fdtf(ï de dé.lioéàgèî* * ' Vois ce cortège âffi*eux dé regrets , de dou leurs , Et les rôticés déjà croître parmi ïës'rieurè.'*' ' Quand Hébëdispat-aît, lé del ièî h*enVdie Que des chagrins cuisans sàh^ mé/atigê 'dé jôîe; . * Et ce temple où ton œil cHérô^é^eficor le Bôriheùr,

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